Commissaire aux comptes : charge ou atout de croissance ?

La question revient régulièrement, d’autant plus facilement qu’agilité est souvent associée à légèreté et légèreté à simplification. Or, derrière l’ambition de croissance, de solidité et de maîtrise des enjeux qui garantissent la pérennité et le développement des entreprises, surgit régulièrement la question de la simplification.

Il ne suffit pas d’avoir des idées de développement, il faut aussi savoir les mettre en œuvre dans un cadre économique sécurisé et qui donne confiance. Le regard avisé du commissaire aux comptes, sa mission au service de l’intérêt général, son statut, sa déontologie, ses avis et ses recommandations sont d’évidents atouts pour l’entrepreneur et son environnement.

13 000 commissaires aux comptes sont aujourd’hui répartis sur tout le territoire national. Ils appartiennent à une profession réglementée et à un mode d’exercice libéral. Leur rôle s’établit à la confluence de l’économie et du droit. Ils sont des créateurs de confiance.

Comme souvent avec les professions réglementées, les commissaires aux comptes se confrontent à des contradictions inhérentes à leur métier mal connu. Ils sont peu habitués à expliquer, voire convaincre de leur utilité, de leur valeur ajoutée et de ses limites.

En premier lieu, levons une ambiguïté : profession réglementée n’est pas synonyme de rente.

Le marché du commissariat aux comptes est très concurrentiel. Et si la durée du mandat est fixée par la loi à six ans, c’est pour protéger l’indépendance du commissaire aux comptes pendant l’exercice de sa mission.

Profession réglementée renvoie aussi à un cadre d’exercice fixé par le législateur et des régulateurs indépendants, à commencer par le Haut conseil du commissariat aux comptes, l’AMF et l’ACPR.

Mission d’intérêt général : ce terme est très fort et porteur de sens dans une société qui recherche confiance, transparence, indépendance, rigueur.

En réalité, le commissaire aux comptes s’inscrit dans un triptyque :

Mission d’intérêt général définie par les pouvoirs publics et au service des pouvoirs publics.

Tiers de confiance pour toute partie prenante portant intérêt aux comptes de l’entité contrôlée, qu’il s’agisse de salariés, de banquiers, d’agences de notation, de clients ou de fournisseurs…

Interlocuteur privilégié des dirigeants de l’entité contrôlée.

Au-delà de son opinion fournie sur les comptes, les dirigeants recherchent un regard indépendant et pertinent sur les forces et faiblesses de leur entreprise et sur la maîtrise des risques.

Satisfaire aux exigences de ce triptyque requiert de grandes qualités d’intégrité, des compétences techniques larges et un jugement professionnel allié à une capacité d’esprit critique.

Décidément, le commissariat aux comptes reste une profession mal connue. Elle répond à la quête de sens que demandent nos concitoyens.

 

Jean Bouquot, président de la Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes (CNCC)

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