Cry january

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Un éditorial de Jacques Draussin, rédacteur en chef de la Griffe santé.

Jacques Draussin

Un mois sans tabac en novembre, un mois sans alcool en janvier. Mais pas un jour sans covid. Le côté anti-festif des messages de santé publique accompagne décidément avec opportunité notre entame de troisième année sans pause épidémique.

Nos traditionnels et machinaux vœux de bonne santé ressemblent quasiment à une provocation. Depuis samedi, on se souhaite seulement une année 2022. Et c’est déjà un message d’espoir tant nos épidémiologistes de plateau nous promettent davantage de sang, de sueur et de larmes que Churchill lui-même n’aurait osé le faire en son temps.

On ne peut cependant qu’être admiratif devant la volonté des prêcheurs de prévention de continuer avec obstination à psalmodier les mêmes recommandations, quelles que soient les circonstances.

Ne leur en voulons pas. Ils contribuent ainsi à tracer la limite entre messages collectifs de santé publique et messages individuels de santé personnelle.

Question résultats, on mesure aisément le fossé. Lors du dernier confinement – dont chacun garde un souvenir ému – les Français ont grossi en moyenne de 2,5 kg. Plus d’un quart des fumeurs ont augmenté leur consommation de tabac et 51 % de ceux qui buvaient déjà régulièrement de l’alcool ont augmenté la fréquence de leur prise quotidienne [oh surprise, davantage encore chez les parents d’enfants de moins de 16 ans bloqués à la maison…].

Ce n’est pas le million de tranquillisants supplémentaires délivrés durant cette période qui aura donc suffi à gommer les angoisses et les troubles mentaux qui se sont fait jour en période de rétention sanitaire.

Le passe vaccinal nous épargnera-t-il en 2022 les excès gastro-alcoolo-tabaco-anxiolytiques des derniers confinements ? En l’occurrence, le nombre de doses de rappels injectées et la pratique retrouvée des gestes barrières laissent au moins espérer que ce mois de janvier sera celui de la dernière grande vague de covid.

En ce cas, attendons exceptionnellement février pour se souhaiter une bonne année.

Le doyen de la tribu. Ai connu la composition chaude avant de créer la 1re revue consacrée au Macintosh d'Apple (1985). Passé mon temps à créer ou reformuler des magazines, à écrire des livres et à en traduire d'autres. Ai enseigné le journalisme. Professe l'écriture inclusive à la grande fureur des tout contre. Observateur des mœurs politiques et du devenir d'un monde entré dans le grand réchauffement...

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