Avec la covid, la chaleur !

Depuis 2003 et son cortège de décès dans les Ehpad et autres domiciles de personnes âgées, on sait bien que l’été caniculaire fauche les fragiles. Mais le réchauffement climatique, patent, aggrave le bilan quand on sous-estime son impact. Alerte, les morts de chaud sont dix fois plus nombreux que les estimations le laissent entendre.

On entre dans l’été en France et les pics de chaleur se succèdent, du 30° généralisé. Bonne nouvelle ? Voire. Les chercheurs de l’université de Colombie-Britannique (UBC, Canada) établissent que les décès pour cause de canicule dépassent les prévisions. Quand les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies états-uniens estiment chiffrent à 600 le nombre de morts annuelles dues à la température, leurs collègues canadiens balaient leur « optimisme » en assénant une vérité dramatique : pour eux, ce sont 5 600 décès en moyenne, entre 1997 et 2006, qu’il faut imputer chaque année aux déshydratations létales, et encore leurs statistiques (association décès-chaleur quelle que soit la cause du décès) ne portent-elles que sur les 3/5 de la population.

Chaleur et coronavirus

Leur méthode : rapprocher les températures enregistrées sur une région au nombre de décès déclarés. Sans essayer de discerner parmi les causes de la mort. Or, disent-ils, il s’agit d’une corrélation bien plus réaliste par son lien direct. Et sans même se limiter à des records de température comme ils se multiplient en France et en Europe. En juillet 2019, les Parisien.nes ont « essuyé » une journée à 42,6°. Un chiffre qui va s’aggraver tous les ans. Or l’impact des « coups de chaud » varie avec la fréquence, comme si les organismes soumis plus fréquemment à des pics résistaient mieux que les individus peu habitués à ces différences brutales : on meurt moins à 30° dans les villes souvent exposées à la canicule, ne serait-ce que parce que ces régions disposent depuis longtemps d’une climatisation généralisée.
L’épidémie va bien sûr péjorer le risque.

Car les pièces communes climatisées vont favoriser la contamination. De nouveaux protocoles – personne n’en parle encore – vont devoir accompagner les techniques de rafraîchissement collectif. Et les villes à leur tour devront concevoir des aménagements, bâtir en fonction de la montée des températures dès la conception, revoir leurs plans de circulation, limiter les pollutions. Un premier programme européen, Urban Fluxes, préfigure les cités adaptées. Ce sont autant d’opportunités économiques à saisir pour la préservation sanitaire.

Olivier Magnan

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