Coronavirus : plus de guérisons que de décès !

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
Le Covid-19 (puisqu’il faut l’appeler par son nom)…

Admirable fable que ces Animaux malades de la peste (et non du coronavirus), mais qui, en 2020, alors que l’on ne sait encore comment cette « simple » épidémie évoluera (pic puis disparition ou au contraire pandémie planétaire…), grâce au Ciel, ne « répand pas (encore) la terreur ». Mais elle est là, tapie, au cœur de chaque nation, et d’autant plus proche de la France depuis que l’Italie se révèle brutalement touchée. Tant que les Chinois se contaminaient entre eux (plus de 42 000 cas, chiffre assurément transitoire, plus de 1 000 morts, hélas total voué à l’aggravation), les Occidentaux restaient sereins, sinon indifférents. Même depuis que, de Les Contamines (nom prédestiné !) jusqu’aux frontières italiennes, l’imprononçable 2019-nCoV se fait plus proche, les Français/es ne se masquent ni ne paniquent encore. Heureusement. D’autant plus que l’affection au Covid-19 se soigne. Au final, les effets économiques des mises en quarantaine, la fermeture des magasins et les pertes économiques inquiétantes des mesures – nécessaires – de prévention constituent plus sûrement le « prix à payer », sans offenser la mémoire des victimes dont le nombre reste très inférieur aux ravages de la grippe dans le monde (plusieurs milliers de morts en France chaque année).

Sans pathologie connexe, le virus s’éradique

Pour autant, la comparaison est-elle pertinente ? Non pas, estiment certain/es virologues, comme la Française Astrid Valbret, de l’université de Caen, qui n’aime pas comparer des « choux et des carottes : la grippe est quelque chose que l’on surveille chaque année, il y a un traitement et un vaccin… ».

Tiens, oui, au fait, pas de vaccin pour le Covid-19. En Chine, la Commission nationale de la santé s’est avancée un peu rapidement lorsqu’elle a attesté qu’un traitement anti-VIH agissait sur le coronavirus. On n’en sait rien. D’où l’appel à la prudence de l’OMS : « Il n’existe pas de thérapeutique efficace connue contre ce 2019-nCoV. » Le vaccin antigrippal, par exemple, est impuissant contre le Covid-19. Mais en renversant le vers de la fable, il est patent que si « tous étaient frappés, ils ne mouraient pas tous ». Et ça change tout. En France, 38 contaminés, deux morts, puis 0 contaminé (en cette fin de mois de février). En Chine, plus de 1 000 morts mais plus de 4 000 guérisons. Le taux de létalité du virus a baissé autour de 3 %, contre 4 ou 5 % au début de l’épidémie. Ce qui veut dire qu’un malade jeune ou un adulte en bonne santé recouvrera la santé presque plus facilement qu’en cas de grippe sévère. Les décès surviennent pour l’heure chez des personnes âgées ou diabétiques, hypertendues ou atteintes de pathologies coronariennes. La plupart du temps, la présence du virus provoque la décompensation d’autres pathologies : il ne tue pas directement. Encore faut-il bien se persuader que même affaiblis, ces malades reçoivent des soins intensifs capables de contrôler les fonctions vitales et de vaincre l’issue fatale. Sans complications, les traitements sont symptomatiques, on réhydrate et l’on fait chuter la fièvre, avec ou sans antibiotiques.

Ne pas « masquer » le risque

Le nouveau ministre de la Santé, le Dr Olivier Véran, se range ainsi du côté des optimistes, même si, comme il l’affirme, il reste vigilant et multiplie les réunions. Depuis les Contamines-Montjoie et la soudaine flambée de malades atteints en Italie, l’on sait, comme le rappelle le Dr Jean-Paul Hamon, vice-président des Médecins de France, qu’il y aura « des trous dans la raquette ». Mais si, comme la plupart de ses confrères/sœurs, le ministre ne voit aucune raison de céder à une quelconque panique, il a raison de faire se préparer toujours plus d’hôpitaux à une possibilité de pandémie dont la survenue passe d’inexistante à probable. Le pire, alors, serait de jouer le scénario des animaux de la fable : accuser l’âne.

Olivier Magnan

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