Les dress codes vestimentaires féminins du business

Attention aux couleurs qui détournent l’auditoire du message délivré…
Attention aux couleurs qui détournent l’auditoire du message délivré…

Séduire sans séduire

La vie des femmes d’affaires est parsemée de chausse-trappes en matière d’habillement. Mieux vaut les connaître avant de rentrer dans la salle du comité de direction…

Censées apprécier la mode et les vêtements, les femmes seraient, a priori, mieux armées que les hommes pour éviter les faux-pas en matière vestimentaire. Si leur appétence pour le sujet est sans doute plus forte que celle de leurs homologues masculins, les dirigeantes et cadres femmes doivent pourtant redoubler de vigilance. Leur tenue vestimentaire revêt une importance encore plus grande pour asseoir leur image professionnelle et leur crédibilité. Et comme souvent, on pardonnera moins aux femmes qu’aux hommes… Tout le monde garde en mémoire les commentaires acerbes sur les tailleurs flashy et mal ajustés de Roselyne Bachelot ou les huées adressées par les députés à Cécile Duflot, vêtue d’une robe à motif bleu marine.

De ces exemples, deux enseignements sont à tirer en matière de garde-robe féminine. « Le moins, c’est le plus. Ne pas trop en faire est une bonne règle de base », affirme Cynthia Cohen-Peres, dirigeante de Bureau d’image, qui conseille de ne pas s’éloigner des grands classiques. Le tailleur jupe ou pantalon reste donc un basique à privilégier. « Et plus une femme est haut placée, plus le port du tailleur sera pertinent », assure Isabelle Montané, à la tête de Vie & Projets. Autre recommandation essentielle : ne pas envoyer de signaux liés à la sexualité. « Les vêtements qui laissent apparaître les dessous, qui sont trop serrés, trop courts, trop décolletés… sont à bannir », avertit-elle. Ce type de tenue pourrait perturber l’auditoire masculin, en le détournant du message délivré. Mauvaise communication assurée ! Dans les pires situations, des réflexions mettant mal à l’aise ne sont pas à exclure. Dans la sphère professionnelle, mieux vaut donc éviter tout lien, conscient ou non, avec la sexualité. « Il est préférable de ne pas porter de chaussures qui laissent apparaître les orteils, des talons aiguilles ou des imprimés peau de bête qui renvoient à des connotations sexuelles », ajoute ainsi Isabelle Montané.

Une gamme plus large que chez les hommes

Si le tailleur constitue la pièce maîtresse, à chacune de choisir sa version selon son style de vie et ses goûts. Le tailleur jupe renverra une image plus classique en respect au code masculin/féminin ; le tailleur pantalon sera plus confortable et facile à porter. « En pantalon, il y a moins besoin de surveiller sa posture, pas de problème pour monter des escaliers ou descendre d’une voiture », explique Isabelle Montané. Côté couleurs, la gamme est plus large que chez les hommes et le noir doit toujours être manié avec précaution. « Les prunes et bordeaux foncés remplacent, avec raffinement et une pointe d’originalité, le noir qui accentue les traits tirés. Les verts sapin donnent élégance et autorité », décrypte l’experte.

A l’exception de certains secteurs d’activité, difficile de s’éloigner du tailleur quand on occupe un poste à responsabilité. « Le jean bleu brut sera toléré dans la communication, l’événementiel, les nouvelles technologies », estime la dirigeante de Bureau d’image. « Mais sauf cas particulier, le jean est à proscrire. Si la personne qui représente l’autorité et qui sert de référence porte un jean, les échelons inférieurs n’hésiteront pas à venir travailler en jogging », complète Isabelle Montané.

Pour envisager de « tomber » la veste, mieux vaut avoir bien réfléchi à ce qu’on porte dessous. Un chemisier bien boutonné et bien repassé ou une blouse sont tout indiqués alors qu’un tee-shirt semblera beaucoup trop décontracté. « Le haut doit cacher les épaules. Il ne faut pas montrer les aisselles voire même, à un certain âge, ne pas montrer le haut des bras », recommande la gérante de Vie & Projets. « Connaître sa silhouette pour savoir se mettre en valeur, souligner ses atouts et cacher ses défauts est impératif. C’est en étant à l’aise dans ce qu’on porte qu’on gagne en confiance », souligne Cynthia Cohen-Peres.

Côté chaussures, l’idéal reste de porter des talons de cinq à sept centimètres. Les ballerines qui permettent d’être à plat ne sont pas à exclure, mais attention alors à bien choisir le modèle. « Une ballerine peut très vite faire enfantin », indique la spécialiste de Vie & Projets.

Elégance rime avec sobriété

Pour égayer sa tenue et affirmer sa personnalité, il faut miser sur les accessoires qui apporteront du peps au tailleur. « Le piège du classique, c’est de faire «vieillot» », prévient Isabelle Montané. Mais là encore, bijoux, foulard, sac à main… ne doivent pas être choisis au hasard. « Accessoiriser sa tenue exige une certaine sobriété pour rester dans l’élégance », indique Cynthia Cohen-Peres. Les professionnelles de l’image incitent ainsi à ne pas dépasser cinq accessoires (bijoux, lunettes, barrettes, ceintures…). Pour prévenir les faux-pas, Isabelle Montané livre une astuce pour choisir ses bijoux : « Pour être proportionnels à votre morphologie, vos bijoux du jour doivent tenir dans une main ». A travers un accessoire, on peut également laisser sous-entendre qui on est. « Un collier ou un bracelet très sobre, métallisé, aux formes géométriques traduira l’autorité alors qu’un collier de perles, en plumes ou avec des gris-gris traduira la douceur », révèle Isabelle Montané.

La tenue ne saurait être complète sans la touche de maquillage. A utiliser avec parcimonie : un rouge à lèvre mat de couleur vive et une pointe de mascara sur les cils.

Séverine Renard

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