Des étoiles plein les yeux

Mercedes a restylé une partie de sa gamme sur les six derniers mois, à commencer par son magnifique break de chasse CLA et son SUV coupé GLC. Deux façons de rouler différemment. Une réussite.

À l’heure où l’actualité anxiogène sur fond de pandémie décline, à longueur de colonnes et d’écrans, les affres du secteur automobile (effondrement des ventes, usines à l’arrêt) – en tout cas lorsque nous écrivons ces lignes avec l’espoir que tout ira mieux quand vous les lirez – n’interdisent pas de se remémorer quelques douceurs du temps d’avant. À commencer par la domination toujours assumée de Mercedes dans l’ère prévirus sur le segment des voitures de luxe.

En 2019, le constructeur a bel et bien célébré sa neuvième année consécutive de record des ventes avec une croissance de 1,3 % en volume pour un total de 2 339 562 voitures livrées de par le monde. Sur ce qui figurait alors comme ses trois principaux marchés (Chine, Allemagne et États-Unis), le constructeur de Stuttgart a même dépassé les volumes de l’année précédente.

Pour asseoir cette suprématie, la marque à l’étoile n’a que l’embarras des modèles. Deux ont été restylés à la fin de l’année dernière, qui incarnent dans des gammes relativement accessibles tout le plaisir de conduire Mercedes.

Derniers avantages du diesel

D’abord le très joli CLA Shooting Brake. La deuxième génération de ce modèle, apparu en 2015, n’a pas grand-chose d’un break par ses volumes, bien que pourvu de quelques centimètres d’embonpoint sur le millésime précédent (+ 5 centimètres en longueur et en largeur). La carrosserie au design parfait s’inscrit dans la lignée, à la fois sportive et élégante, des breaks de chasse déclinés par Mercedes depuis huit ans. Une façon de sortir de la mêlée des SUV.

Dérivé du nouveau CLA, conçu lui-même sur la plate-forme de la classe A, ce CLA Shooting Brake boxe dans la catégorie des compactes en rival affirmé des AudiA3 et BMW Série 1. En mieux. Le soin apporté à l’habitacle, à l’ergonomie des commandes, au raffinement de l’ambiance intérieure n’a d’égal que la qualité de l’équipement avec notamment le système MBUX (Mercedes-Benz User Experience) – avec écran panoramique sans casquette – qui intègre la commande vocale intelligente « Hey, Mercedes ! » En prime, une multiplicité de choix pour piloter le système multimédia et les fonctions du véhicule : des boutons, un pavé pad tactile, la reconnaissance gestuelle et, bien sûr, un écran central tactile.

Sous le capot, un bon vieux moteur quatre cylindres diesel – 220d –, car les soupapes mazoutées dominent encore le mix commercial du modèle (76 % de diesel, 24 % d’essence) dont les ventes sont portées par les véhicules de sociétés. Ça changera. Ce bloc de 190 chevaux (pour 400 Nm de couple) associé à une boîte robotisée à double embrayage et huit rapports (la boîte 8G-DCT livrée de série) se montre d’une infinie onctuosité. Sa tenue de route est magistrale et son confort excellent grâce aux sièges et à la suspension pilotée. Cerise sur le gâteau, la mécanique se montre plutôt sobre, entre 5 et 6 litres aux 100. L’argument est moins solide en ces temps d’effondrement des cours du pétrole, mais nul doute qu’il retrouvera bientôt toute son acuité, avant que l’industrie auto allemande ne comprenne que l’âge du diesel est passé. Même si le niveau faible d’émissions de CO2 (121 g/km) autorise ce très joli break à échapper au nouveau malus écologique entré en vigueur au 1er mars.

Un SUV qui sort de la mêlée

La chanson est un peu différente du côté du Mercedes GLC 300 Coupé. La catégorie est à l’évidence supérieure (plate-forme de Classe C), mais l’exercice esthétique est là aussi plutôt réussi ce qui est loin d’être le cas de ses principaux concurrents comme le BMW X4. Il faut dire que si le SUV coupé est désormais une niche indispensable dans la gamme des constructeurs, notamment sur le segment premium, l’exercice est redoutable. Mercedes s’en tire donc plutôt bien avec un restylage très limité de son modèle apparu en 2016. Le confort, la finition et l’équipement sont conformes aux critères de la marque (dommage toutefois que l’affichage tête haute soit en option) et comparable à celui du CLA (écran panoramique en moins). Côté mécanique, là aussi le diesel fait de la résistance avec un nouveau moteur 2 litres proposé en trois niveaux de puissance : 163, 194 et 245 chevaux. C’est ce bloc qui équipait notre véhicule d’essai. Un quatre cylindres silencieux et suffisant pour déplacer les quasi deux tonnes du véhicule grâce à une boîte de vitesses automatique à 9 rapports d’une grande efficacité. Comme pour le CLA, la sobriété est de rigueur avec moins de 6 litres de gazole aux 100 km mais avec en revanche 149 g de CO2 de rejets pour 1 490 euros de malus.

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