Les salles de cinéma ont rouvert au public lundi 22 juin.

Clap de fin pour le confinement des cinémas. Depuis le lundi 22 juin, les salles de cinéma françaises – qui avaient été fermées le 14 mars – accueillent de nouveau le public. Une réouverture conditionnée : respect des mesures sanitaires et des gestes barrières. Cette annonce sonne comme une délivrance pour l’industrie cinématographique qui a vu ses recettes s’écrouler. Tour d’horizon sur tout ce qu’il faut savoir sur une réouverture désirée.

Les ciné-parcs n’auront pas eu le temps de s’affirmer en France. Regarder un film en plein air, dans sa voiture, sur écran géant, un concept qui a connu un fort succès aux États-Unis dans les années 1950-1960, mais qui, depuis, n’a jamais réellement trouvé son modèle. Avec le confinement, on pensait à son retour, quelques initiatives ont séduit à l’étranger, mais en France, la formule n’a pas pris. Et risque de ne jamais prendre. Lundi 22 juin, les salles de cinéma françaises entament leur réouverture. Avec en avant-première le respect des mesures sanitaires et des gestes barrières.

Des règles sanitaires… assouplies
Au départ très strictes, les règles imposées aux cinémas français pour retrouver sereinement leur public ont été assouplies. D’abord, cette jauge de 50 % – limiter de moitié la capacité d’accueil du public – a volé en éclats. Une décision encouragée par Franck Riester, ministre de la Culture : « Il y a eu un conseil de défense qui a permis d’aller un petit peu plus loin que ce que l’on imaginait, en termes d’organisation des salles de cinéma comme de spectacle, concert ou théâtre. C’est-à-dire qu’il n’y a plus cette limitation de 50 % de jauge. » Une volonté de rouvrir pleinement et non en demi-teinte. Côté masques, ils devront être portés surtout lors des déplacements, mais se retireront une fois assis.es. Assouplissement aussi pour les couples et familles qui pourront ne pas se soumettre à la règle d’un siège d’écart, mesure qui reste de rigueur entre inconnu.es. Enfin, il est bien entendu recommandé d’acheter et de réserver au maximum ses places en ligne afin d’éviter tout attroupement inutile dans les cinémas.

Vital pour l’industrie du cinéma
Les années ne se ressemblent pas pour l’industrie cinématographique. L’année passée, elle pulvérisait tous les records grâce à un box-office mondial estimé à 42,5 milliards de dollars de recettes. En 2020, scénario diamétralement opposé. Dans le monde du grand écran, le Sars-CoV-2 a, là aussi, joué les trouble-fêtes. L’industrie a enregistré une chute de ses recettes de l’ordre de 70 %. Selon Variety, l’année covid-19 pourrait occasionner entre 20 et 31 milliards de dollars de pertes. Une paille ! Logique pour David Hancock, directeur du cabinet Omdia, « il n’y aura quasiment aucune sortie cinéma sur la période mars-juillet, période la plus importante de l’année ». En France, un plan de relance de toute la filière est attendu à la rentrée. La culture ne semble pas une urgence. Un constat partagé par Jean-François Le Corre, producteur de documentaires et de films d’animation : « Contrairement à l’aéronautique ou le tourisme, pour la culture ça reste, pour l’instant, le flou total à part les 50 millions d’euros pour la reprise des tournages », a-t-il exprimé dans les colonnes de Ouest France.

Le cinéma doit donc retrouver son public. Et pour ce faire, il doit le sécuriser : « La question clé est maintenant de rassurer. À la base, le cinéma est un médium social qui fait sortir les gens de chez eux pour une expérience commune. Dans cette circonstance sans précédent, la force du cinéma est devenue sa faiblesse. Être social est perçu comme une menace aujourd’hui, la distance physique est qualifiée de “distance sociale”. Par conséquent, le public doit être convaincu que se trouver dans un espace social est un endroit sûr », analyse David Hancock. A priori, les Français.es sont partagé.es. D’après une étude Médiamétrie, 18,7 millions de spectateur.trices voudraient retourner dans les salles de cinéma au cours des semaines à venir (soit 45 % d’entre eux.elles). Pour renouer les liens avec le public, les cinémas français proposent actuellement une quarantaine de films à l’affiche, dont, pour certains, la diffusion avait déjà débuté avant le confinement. Que les cinéphiles se rassurent, de nouveaux films sont attendus comme Mulan de Disney (22 juillet), Tenet de Christopher Nolan (31 juillet), ou encore le nouveau Ozon, Été 85. Geoffrey Wetzel

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