Le verbatim… pour l’éducation aux médias

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« Les croyances prennent le pas sur la rationalité »

Covid-19, variole du singe, guerre en Ukraine… Autant d’événements récents qui offrent aux plus imaginatif·ves tout le loisir d’exposer leurs théories sur les réseaux sociaux, terreau fertile du conspirationnisme. Les signataires de la tribune, publiée dans le journal La Provence, pour l’éducation aux médias et à l’information exhortent le gouvernement à agir pour éveiller les consciences de la jeunesse.

Le vaccin de la covid-19 contient-il des nanoparticules ? La variole du singe a-t-elle été créée par l’homme ? Bill Gates est-il à l’origine de tous les maux de l’humanité ? Et cette guerre en Ukraine, un écran de fumée ? Au milieu des théories conspirationnistes, les médias – certains – tentent désespérément d’informer le plus rationnellement possible. Difficile de lutter. Car à l’heure des réseaux sociaux, les fake news se répandent comme une traînée de poudre. Il suffit d’un tweet pour éveiller le doute chez n’importe quel internaute, pour bafouer la présomption d’innocence, pour désavouer les sciences. Contre ce fléau, suffit-il d’éduquer la jeunesse ? De lui apprendre à chercher l’information et à développer son esprit critique ? C’est en tout cas ce que semblent penser les signataires de la tribune ci-après.

Monsieur le Président,

Le 24 avril, dès les premières minutes de votre réélection, vous avez choisi de traverser la foule entouré d’enfants, envoyant à tous vos concitoyens un message fort : votre nouveau quinquennat sera celui de la jeunesse. Cette jeunesse, vous voulez lui offrir un « monde meilleur » et « mieux la protéger », dans une société de plus en plus fragmentée.

Mais cette jeunesse, qui devra affronter l’immense défi climatique et redonner un nouveau souffle à notre démocratie vieillissante, se trouve aujourd’hui désarmée face à un flot continu d’informations, de posts et de messages, dont elle peine à évaluer la fiabilité et la pertinence. Tous les jeunes Français ne disposent pas des outils pour se forger une opinion de manière éclairée et saine, ils sont entraînés dans des spirales dangereuses, pouvant mener à l’isolement et à la radicalisation. Ce fléau touche toute la société : aucune classe sociale, aucune classe d’âge n’est épargnée. Aujourd’hui, un Français sur trois souscrit à une théorie conspirationniste. Les croyances prennent le pas sur la rationalité. Nombreux sont nos concitoyens qui s’éloignent de la médecine et de la science. La confiance dans les médias et les institutions est au plus bas, ce qui met directement en danger notre démocratie.

Nous, journalistes, éducateurs, enseignants, chercheurs, formateurs, vulgarisateurs, agissant sur le terrain, côtoyons tous les jours des publics en désarroi. Et nous sommes extrêmement inquiets. A l’école, des millions d’élèves quittent leur établissement sans avoir acquis les compétences indispensables à l’exercice de leur citoyenneté à l’ère numérique. Les enseignants ne bénéficient pas tous de la formation adéquate pour éveiller l’esprit critique des élèves. Souvent, l’éducation aux médias et à l’information, inscrite dans les programmes mais sans heures dédiées, relève de seules initiatives individuelles. Le manque de moyens et de ressources qui lui sont alloués est criant.

Hors l’école, malgré l’investissement de certains ministères, le soutien aux acteurs de terrain reste irrégulier et incomplet. Des dizaines d’associations, de lieux de savoir et de culture, d’entreprises et de citoyens engagés se battent pour défendre la qualité de l’information et aiguiser l’esprit critique des Français. Mais cet engagement est réparti de manière inégale sur le territoire, au point que la fracture informationnelle vient aujourd’hui aggraver les fractures sociales et économiques existantes.

Retrouvez l’intégralité de la tribune sur le site de La Provence

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