Le verbatim… des fondateurs de Vauban Infrastructure Partners

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« Pas de souveraineté numérique sans infrastructure pérenne »

À l’heure du tout numérique et des outils digitaux, la souveraineté numérique est érigée comme préoccupation majeure. Et fait office d’enjeu clé de l’actuelle présidence française de l’Union européenne. Pour autant, encore faut-il construire les infrastructures et les usages nécessaires à l’instauration d’une souveraineté numérique pérenne et consciente de son rôle social. Dans une tribune pour L’Opinion, Gwenola Chambon et Mounir Corm, co-fondateurs de Vauban IP, livrent leur vision des enjeux de la souveraineté numérique.

Doit-on inscrire la souveraineté numérique dans la Constitution, au même titre que les autres libertés fondamentales ? C’est la suggestion qui est formulée lors des débats autour de cette souveraineté d’un nouveau genre. C’est certain, la souveraineté numérique est aujourd’hui un enjeu de premier plan. Pour la construire et la consolider, il faut avant tout se doter « d’infrastructures solides, mutualisées et durables », dixit Gwenola Chambon et Mourir Corm. En France, cette installation d’infrastructures idoines s’est notamment traduite par le plan « France Très Haut Débit », qui devrait permettre la couverture en fibre optique à 100 % en 2025. Une couverture qui aura notamment fait ses preuves lors des confinements. À cet égard, et au regard de l’ensemble des enjeux portés par le numérique, la souveraineté numérique s’impose comme un vecteur d’intégration et de développement social à prendre en compte. Notamment en termes de désenclavement des territoires, de lien social, de réduction de la fracture numérique ou d’innovations, tous ces enjeux trouvent leur place. On comprend mieux pourquoi la souveraineté numérique occupe en partie la président française de l’UE.

Erigée comme un enjeu clé de la présidence française de l’Union européenne, la souveraineté numérique est aujourd’hui au cœur des débats, au point que son inscription dans la constitution est suggérée. Mais à l’image des fondations d’un bâtiment, notre souveraineté numérique doit se construire sur la base d’infrastructures solides, mutualisées et durables, car il s’agit de ne pas perdre de vue que le numérique est avant tout un outil de développement social au service du plus grand nombre.

L’infrastructure numérique française à l’épreuve des crises

Si on lit encore trop souvent que la France n’est plus capable de grandes politiques infrastructurelles, force est de constater que le plan France Très Haut Débit a permis à notre pays de se doter, en moins de dix ans, d’une couverture en fibre optique inédite. La France est, en effet, le seul pays d’Europe à avoir entrepris un tel chantier, avec des schémas définis selon les enjeux de chaque territoire afin d’apporter la solution la plus adaptée, grâce à des financements publics apportés en soutien des financements privés. Ce plan de grande envergure a permis de combler la fracture numérique avec un territoire aujourd’hui couvert à 67 % par la fibre, couverture qui devrait se rapprocher de 100 % en 2025.

Nos infrastructures numériques ont notamment pu témoigner de leur robustesse lors du premier confinement, au printemps 2020, lorsque les réseaux de communication ont été soumis à une demande sans précédent. La couverture haut débit dans les régions de plus faible densité a notamment permis à de nombreux Français de poursuivre leur activité professionnelle loin des villes.

La digitalisation des services essentiels, tels que l’éducation ou les services de santé à distance, a transformé durablement nos usages et a révélé notre dépendance à des infrastructures numériques de qualité. Si le travail fait sur le réseau de fibre optique est à saluer, il faut poursuivre cet effort et soutenir désormais les investissements dans le stockage, la protection et le traitement de la donnée. Ce n’est qu’avec une infrastructure complète, résiliente et durable que l’Europe pourra réellement consolider sa souveraineté numérique.

Alors que des pays Européens tels que l’Espagne et le Portugal ont fait le choix d’un déploiement massif de la fibre, d’autres pays tels que l’Allemagne ou la Belgique ne commencent à rattraper leur retard que maintenant. La résilience de la fibre et sa pérennité sont des catalyseurs d’investissements publics et privés qui doivent permettre à l’Europe de se doter d’une infrastructure digitale inégalée, une fondation nécessaire pour la souveraineté numérique et l’émergence d’acteurs digitaux compétitifs. Avec 1 milliard d’euros dédiés aux infrastructures télécoms d’ici 2023, l’Union Européenne est prête à poursuivre sur cette lancée.

A ce titre, si l’on regarde la manière dont les politiques publiques se mettent en marche outre-Atlantique, il est évident que l’Europe a près de dix ans d’avance sur les Etats-Unis en matière d’infrastructures numériques. Le plan d’investissement du Président Biden – Build Back Better – qui a été salué pour son ambition lors de l’adoption, constitue finalement un témoignage flagrant du retard que le pays a pris dans ce domaine.

Un vecteur d’intégration et de développement

En France, ce sont dans les régions de plus faible densité que s’achève aujourd’hui le déploiement de la fibre dans le cadre du plan France Très Haut Débit. Ce réseau de fibre optique permet non seulement d’assurer la fiabilité technologique de notre infrastructure numérique pour le siècle à venir, mais également de limiter de fait notre impact sur l’environnement en adoptant au plus tôt la meilleure technologie, qui est aussi la plus pérenne.

(…)

Retrouvez l’intégralité de la tribune ici 

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