Le verbatim… d’Eliane Lugassy, CEO de Witco

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Non, la « grande démission » des talents n’est pas une fatalité…

Après deux ans de crise sanitaire, l’organisation du travail est bouleversée pour des millions de Français·es, entre télétravail, présentiel, coworking et flex office. La dynamique du travail hybride s’est imposée. En revanche, celle-ci s’accompagne d’un corollaire dommageable pour les entreprises : une forte hausse des démissions de salarié·es. Dans une tribune pour Les Échos, Eliane Lugassy, CEO de la start-up Witco (ex-MonBuilding), décrypte ce phénomène et livre des solutions pour ré-engager les collaborateur·rices d’une entreprise.

C’est un fait : les démissions et les pertes de motivation se multiplient dans nos entreprises. Et la nouvelle flexibilité du travail, parfois contrainte, a un impact indéniable sur les décisions et les perspectives d’évolution des employé·es. Mais aussi sur leurs attentes et aspirations vis-à-vis de leur société. Parmi les nouveaux problèmes et casse-têtes induits par la covid, la distance entre les équipes nuit directement à la dynamique d’équipe et au sentiment d’appartenance. Ce qui influence la façon de penser sa carrière.

Dans ce contexte, de plus en plus de personnes quittent leur emploi, un phénomène nommé « Grande Démission » (Great Resignation en anglais). En cause : la perte de sens, tant individuelle que collective. Dès lors, il devient urgent pour les entreprises de s’emparer de l’enjeu en fournissant à leurs salarié·es les moyens et la marge de manœuvre pour entretenir et cultiver la relation qu’ils·elles nouent avec leur environnement professionnel. Selon Eliane Lugassy, cela passe, entre autres, par donner la parole aux collaborateur·rices, en leur assurant la flexibilité de choisir l’organisation de leur travail. Aussi et surtout, il est primordial de ne pas négliger les espaces de travail commun, d’en faire un véritable lieu de vie (professionnelle) et d’interactions sociales souvent spontanées. Finalement, on en revient toujours au même point : la principale ressource d’une entreprise reste les femmes et les hommes qui la composent. ABA

 

Eliane Lugassy, CEO de Witco

Une récente enquête de Gartner (2021) indique que 39 % des employés sont susceptibles de démissionner si leur entreprise insiste sur un « retour en force » au bureau. 55 % des employés déclarent que leur capacité à travailler de manière flexible aura un impact sur leur décision de rester ou non chez leur employeur. Parmi les employés qui travaillent actuellement à distance ou dans le cadre d’un arrangement hybride, 75 % disent que leurs attentes en matière de flexibilité du travail ont augmenté. Seuls 4 % disent qu’ils préféreraient travailler au bureau à temps plein.
Si le tout télétravail fait grincer des dents la majorité des employeurs, le « distanciel » est une composante essentielle du travail hybride pratiqué par de nombreuses entreprises.

Au quotidien, les équipes se retrouvent donc éclatées. Un manager peut ne plus voir son équipe que quelques jours par semaine, et une nouvelle recrue ne rencontrera ses nouveaux collègues que très épisodiquement. Une pratique qui impacte nécessairement l’esprit d’équipe, le sentiment d’appartenance à l’entreprise, mais aussi la façon de penser sa carrière.

Travail hybride et démission : loin des yeux, loin du cœur ?

La Grande Démission (ou Great Résignation en anglais) fait rage. Ce phénomène a commencé aux États-Unis à l’été 2020 lorsque des millions d’Américains insatisfaits de leur travail ou de leur salaire ont quitté leur emploi. Aujourd’hui, le mouvement touche de nombreux pays mettant certains secteurs dans l’embarras. En France, tous les métiers et marchés semblent impactés. En cause, notamment, la perte de sens, individuelle et collective. C’est précisément pour cela que les entreprises doivent apprendre à conjuguer travail hybride et projet d’entreprise. Le bureau doit redevenir le lieu de l’expression de la culture des organisations, et un espace de socialisation. Ces deux facettes, projet d’entreprise et vie de groupe, sont, plus que jamais, des éléments clés dans la rétention des talents.

Les entreprises doivent activement permettre à leurs employés de renouer une relation forte avec elles, et entre eux. Les interactions sociales et la capacité de mettre sa contribution individuelle dans le contexte d’une mission d’entreprise permettraient aux employés de remettre du sens dans leur travail, et par là d’influer sur leur productivité. En effet, de nombreuses recherches démontrent aujourd’hui que le sentiment d’appartenance à une communauté a un impact positif sur ce dernier point.

Pour redonner du sens, les entreprises doivent aussi donner la parole aux collaborateurs. Qu’il s’agisse de laisser aux employés la flexibilité de choisir comment organiser leur semaine de travail, ou même les lieux desquels ils peuvent travailler : il faut associer les talents pour les embarquer – durablement. C’est aussi une manière de donner corps à la culture de l’entreprise.

Faire du bureau un lieu de vie (professionnelle) sans équivalent

De surcroît, la plupart des entreprises possèdent encore un atout phare pour retenir leurs collaborateurs : leurs espaces de travail ! Non, le bureau n’est pas mort. Mais il doit se réinventer. Les études montrent alors que ce ne sont pas les « bonus fun » (bar à jus, baby-foot, etc.) qui lui donnent sa valeur, mais plutôt… la sérendipité, la collaboration et les interactions sociales informelles.

(…)

Retrouvez l’intégralité de la tribune ici

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