Le verbatim… de Vincent Sciandra, directeur général de Metron

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Greentechs : un manque d’investissements qui coûtera cher

En France et ailleurs, les pépites de la tech se multiplient, et réinventent des domaines. Parmi lesquels les greentechs, ces jeunes pousses de l’innovation écologique, en plein essor. Une émergence dépendante des investissements et des levées de fonds. Problème : les investisseur·ses français·es se montrent trop frileux·ses et les start-up de la greentech tricolore risquent de se tourner vers l’étranger pour trouver fonds à leur pied. Une mise en garde développée par Vincent Sciandra, DG de Metron, start-up lauréate du French Tech Green 20, dans une tribune pour Maddyness.

Le gouvernement français mesure l’importance stratégique – tant économique qu’écologique et sociale – et le potentiel de développement de ses pépites de la tech en général et de la greentech en particulier. Une reconnaissance incarnée par le programme French Tech Green 20, destiné à l’accompagnement des greentechs françaises vers leur prochaines étapes d’expansion et de levée de fonds. Des initiatives bienvenues, tant les jeunes pousses du numérique et de l’écologie portent en elles un renouveau de l’économie tricolore. En revanche, il faudra surtout prolonger cette dynamique en y joignant des moyens et des investissements à la hauteur des ambitions annoncées. Sans quoi la France risque très sérieusement de se faire distancer par la concurrence internationale. La solution ? « Mobiliser la puissance publique pour créer les conditions du financement des innovations. » Avec toujours en tête une affirmation sous forme d’adage : « L’investissement d’aujourd’hui fera la réussite de demain. » ABA

Vincent Sciandra, directeur général de Metron

Le 3 mai, le gouvernement annonçait les lauréats du programme French Tech Green 20 qui vise à accompagner les Greentechs françaises pour leur donner les moyens de se développer et de « passer à l’échelle ». Une initiative et une reconnaissance bienvenues, qui doivent être le point de départ d’une politique publique ambitieuse pour l’émergence des Greentechs en France.

Les solutions apportées par le numérique nous permettent d’adresser nombre des défis que nous affrontons collectivement aujourd’hui. La question écologique n’y fait pas exception. Des Greentechs, partout dans le monde, proposent des solutions et des innovations pour décarboner les secteurs de l’industrie, de l’énergie, de la mobilité ou encore de l’agriculture. Permettant ainsi de concilier activité humaine et durabilité, et de résoudre l’équation qui a longtemps été le frein à la mise en place d’une politique écologique viable : respecter la planète tout en continuant à améliorer le niveau de vie de ses habitants.

Cela, les gouvernements à travers le monde l’ont bien compris et ont fait des Greentechs un enjeu stratégique. Les États-Unis ou la Chine créent des pôles d’excellence et financent très largement l’émergence de telles innovations. La France, pour sa part, amorce sa stratégie avec le label Green 20. Une première initiative positive, mais qui devra être complétée de moyens à la hauteur de l’ambition française, sans quoi elle risque de se voir distancée par ses concurrents internationaux.

L’État doit mobiliser la puissance publique pour créer les conditions du financement des innovations. Nous sommes parfois encore confrontés à une attitude trop timorée de la part de certains organismes publics qui refusent le risque. Pourtant, l’investissement d’aujourd’hui fera la réussite de demain. Car oui, une jeune entreprise qui investit des millions d’euros dans la recherche n’est pas toujours rentable dans l’immédiat. Mais plutôt que de regarder les colonnes du bilan comptable, ayons une vision prospective et pensons aux bénéfices à long terme : ils seront écologiques, sociétaux et financiers.

Aujourd’hui, 57 % des investissements mondiaux dans les Greentechs se font sur le territoire nord-américain, contre seulement 28 % en Europe. Un chiffre difficile à comprendre quand on sait que notre écosystème bénéficie d’une avance technologique. Résultat : nos jeunes Greentechs européennes se voient proposer des financements étrangers massifs qui, lorsqu’ils sont acceptés, posent la question de la gouvernance de ces entreprises. Peut-on encore réellement les considérer comme européennes ?

Bien sûr, on observe des initiatives fortes de la part des institutions publiques : le gouvernement d’abord, investit de son côté 300 millions d’euros pour financer des Greentechs. La BPI, quant à elle, se réjouit que 85 % des lauréates du Green 20 soient issues de son portefeuille. Ces chiffres, théoriquement, sont positifs. Mais ils se traduisent mal dans les faits : le mécanisme d’investissement public n’a pas suivi le développement des start-up. 300 millions d’euros semblent dérisoires face aux besoins de financement d’une licorne, surtout lorsque cette somme devra être répartie entre a minima les 20 start-up du Green 20. Cela signifie-t-il que l’on ne peut pas espérer voir une Greentech devenir une licorne ?

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Retrouvez l’intégralité de la tribune ici

 

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