Le verbatim de… Olivier Koch, directeur général EasyPark

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Présidentielle : la mobilité doit être une stratégie nationale.

L’échéance électorale approche à grands pas. C’est l’heure de faire le tri des priorités de chacune et chacun pour le quinquennat à venir. Parmi les grands enjeux à venir pour la France, avancés par les candidats à l’Élysée, la question de la mobilité urbaine et/ou de la mobilité verte peine à s’imposer dans le débat selon Olivier Koch, directeur général d’Easy Park. Une vision développée dans une tribune pour Les Échos.

La mobilité en ville, sur courte distance, voilà un enjeu que l’on entend que très peu lors des débats de cette campagne présidentielle. Centrale lors des Municipales de 2020, la question de la mobilité verte et décarbonée et donc des transports locaux peine à s’imposer dans le débat national. Et, selon Olivier Koch, « les mesures actuelles tendent davantage à corriger certains impacts environnementaux de la mobilité plutôt qu’à traiter les problèmes à la source ». Résultat : la mobilité ne fait pas réellement l’objet de projets d’envergure nationale. Du moins, trop peu de propositions émergent pour favoriser une nouvelle mobilité globale, notamment en raison des différences de priorité entre les territoires. Le premier frein pour passer le cap de la mobilité repensée et durable : le coût de celle-ci. Rouler électrique reste plus cher que rouler « classique ». Et la mobilité en général pâtit également de la volatilité des prix de l’énergie. Surtout, l’innovation en termes de mobilité exige des infrastructures adéquates et un investissement massif. Et ce dans le cadre d’une stratégie nationale et cohérente, et non pas seulement par-ci par-là au sein des territoires. ABA

Ce sujet a été longuement débattu lors des élections locales surtout lors des Municipales de 2020. Plus particulièrement dans les zones urbaines où les enjeux des mobilités vertes se sont fortement imposés avec des mesures-chocs, notamment à Paris, Lyon ou Bordeaux avec un objectif zéro carbone. Au niveau national, à l’heure où les candidats présentent tour à tour leur programme , on constate qu’aucun projet d’envergure ne semble répondre à cet objectif.

Enjeux économiques et sociétaux

Bien évidemment, le sujet de la mobilité est intimement lié à ceux relatifs au pouvoir d’achat, à l’énergie et à l’écologie. Or, les mesures actuelles tendent davantage à corriger certains impacts environnementaux de la mobilité plutôt qu’à traiter les problèmes à la source. Et force est de constater que la mobilité n’est pas encore à l’ordre du jour au sein d’un projet d’envergure nationale.

Les problématiques de la mobilité à l’échelle nationale sont certes multiples et la diversité des territoires ne peut pas amener des propositions homogènes, mais il conviendrait de proposer un projet qui englobe les besoins des zones urbaines et des territoires ruraux. Avec la crise sanitaire, l’appétit grandissant des Français pour s’installer en dehors des grandes villes est une opportunité pour les territoires de développer leurs infrastructures et de peser dans le débat national.

Exemple d’Oslo

Alors que les mobilités sont repensées dans les métropoles, qu’en est-il des zones périurbaines et rurales ? Il a un temps été évoqué, par exemple, l’objectif de rouvrir d’anciennes gares ferroviaires pour redynamiser les territoires, favoriser les déplacements et créer des liens entre les territoires. Ce sont des sujets qui manquent dans un débat de fond !
Nous pourrions par exemple prendre l’exemple d’Oslo pour évoquer la faisabilité de projets ambitieux qui lient les mobilités, l’écologie, l’urbanisation et le dynamisme des territoires. Avec son plan « zéro carbone » largement influencé par les nouveaux modes de consommation et sa volonté de s’adapter aux changements climatiques, la capitale norvégienne a fait le pari de limiter les plans d’urbanisation, permettant ainsi de stopper l’étalement des zones urbaines et de rendre la ville aux habitants.

Outre ses effets bénéfiques sur le bien-être des citoyens en zone urbaine, de telles mesures ont un impact positif sur la mobilité, notamment celui de diminuer les trajets en autosolisme, de redynamiser les territoires et d’éviter la concentration qui pose de nombreux problèmes qu’ils soient écologiques ou directement sur les infrastructures.

Un projet commun

57 % des Français disent ne pas être prêts à rouler en voiture électrique ! Seraient-ils réfractaires à l’innovation ? La réalité est bien plus complexe.

Il y a tout d’abord la problématique du coût. Aujourd’hui, le coût d’acquisition d’une voiture électrique peut être plus élevé qu’un modèle thermique. Rappelons aussi que tous les ménages ou même les entreprises n’ont pas les moyens de moderniser leur véhicule ou leurs flottes du jour au lendemain. En le remettant en perspective avec le salaire médian en France estimé à 1 940 € net fin 2021, les consommateurs cherchent donc les solutions les moins onéreuses et la voiture reste un besoin quotidien pour bon nombre de citoyens, qui doivent aussi à côté considérer leurs charges mensuelles inéluctables. La mobilité doit être pratique et non contraignante, bien qu’une grande majorité de la population soit aujourd’hui consciente qu’il faut limiter l’impact environnemental des activités humaines.

Ensuite, le prix du pétrole entre en jeu. Cela reste la solution la plus abordable pour la plupart des ménages français. Pour pallier la flambée des prix, c’est le moment de repenser la manière dont on fournit l’énergie. Les pandémies récurrentes et les tensions géopolitiques actuelles amènent à reconsidérer les questions d’autosuffisance sur de nombreux pans de notre économie et de notre industrie. Or, les mobilités pâtissent de ces imprévus qui desservent avant tout les citoyens.

(…)

Retrouvez l’intégralité de la tribune ici

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