Le verbatim de… Nicolas Reynier, executive manager d’IncubAlliance

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Start-up: à l’heure de la reprise, le bricolage financier ne suffira plus !

A l’heure d’une crise qui n’épargne presque personne, tous les moyens sont bons pour aider les entreprises à tenir, contre vents et marées, le fameux quoi qu’il en coûte. A coups de PGE, fonds de solidarité, prêt Résilience et autres, le bricolage financier d’urgence a porté ses fruits à court terme. Mais, à terme, il ne suffira plus et pourrait devenir un poids pour les entreprises. C’est la conviction exprimée par Nicolas Reynier, executive manager financement chez IncubAlliance, dans une tribune libre publiée par Maddyness.

Pour soutenir d’urgence nos entreprises, les millions puis les milliards ont afflué, tout particulièrement sous forme de prêts garantis par l’Etat (PGE). Dans ce contexte, bien des entreprises ont alors cumulé les aides pour maintenir leurs affaires à flot. Mais gare aux conséquences. Notamment en matière d’inadaptation de certains dispositifs aux réalités des start-up et de conflits liés au crédit (les recours au médiateur du crédit ont été multipliés par trois en 2020).
Il faut le dire et le répéter: s’endetter n’est jamais simple et anodin pour une jeune entreprise. Et les débuts des remboursements sonnent déjà comme autant de handicaps pour certaines start-up. Le pire serait alors d’être handicapé par ce poids sur le long terme, notamment au moment de lever à nouveau de la dette pour soulever des fonds. Tout mauvais signal envoyé aux investisseurs est un frein de plus.  ABA

Alors qu’en pleine crise sanitaire notre économie connaissait un coup d’arrêt brutal, l’État a su prendre ses responsabilités pour tenter de sauver les startups françaises. Un soutien massif et inédit qui s’est traduit dans les faits par le lancement d’un plan d’urgence spécifique aux startups de près de 4 milliards d’euros, l’ouverture d’une enveloppe de 80 millions d’euros octroyée pour les startups en cours de levée de fonds, l’octroi de plus de 135 milliards d’euros de prêts garantis par l’État (PGE) à plus de 700 000 entreprises dont de nombreuses startups ou encore le lancement par la région Ile-de-France du prêt Résilience pour soutenir les entreprises en difficultés.

Quand le soutien se transforme en frein

Avec le recul, force est en effet de constater que ces dispositifs, s’ils ont permis un temps d’offrir une bouffée d’oxygène aux startups, ont aussi contribué à créer de la confusion. Manque de lisibilité, problème d’accessibilité, inadaptation de certains dispositifs aux spécificités de la startup : toutes les démarches n’ont semble-t-il pas toujours été simples. Autre symptôme de ce malaise naissant : la multiplication par trois en 2020 du recours au médiateur du crédit, le plus souvent pour des questions en lien avec le PGE.

Et pour cause, s’endetter n’est jamais un acte anodin pour une startup récemment créée. Si donc certains entrepreneurs ont, dans ce contexte, réussi à s’en sortir grâce à une forme de bricolage financier, dans les mois à venir les choses risquent de se compliquer grandement, notamment pour toutes les startups qui ont été contraintes de mobiliser de la dette à court terme. Car, outre le fait que certaines sont contraintes de commencer à rembourser ce qu’elles ont emprunté, ces dernières risquent à l’avenir de se voir sérieusement handicapées, que ce soit pour lever à nouveau de la dette ou pour aller chercher des fonds.

Un handicap qui pourrait avoir des conséquences majeures pour certaines jeunes pousses au moment de la reprise et envoyer un mauvais signal aux investisseurs appelés dans un futur proche à faire à nouveau la pluie et le beau temps.

Reprise, compétition et besoin de fonds

Et pour cause, tous les analystes s’accordent sur le fait que les startups sont sur le point d’entrer dans une période d’hyper compétition à laquelle ne survivront que celles qui sauront au plus vite se mettre en ordre de marche. Comment ? En se démarquant de leurs concurrents, en recrutant les meilleurs profils pour accélérer leur développement, bref en allant chercher la surperformance et les points de croissance qui seront, à n’en pas douter, regardés de près par les fonds d’investissements pour faire le tri entre les bons et les moins bons projets.

Car si pendant la crise, c’est au soutien de la puissance publique que nombre de startups ont dû leur survie, dans les mois à venir c’est du côté des fonds d’investissement qu’elles vont devoir tourner leur regard pour passer à la vitesse supérieure et faire partie des heureuses élues pouvant prétendre à un avenir. Fini le bricolage donc, il est désormais temps de viser haut et d’agir vite ! Une nouvelle évidemment mauvaise pour les startups que l’endettement place en queue de peloton mais une chance pour celle qui ont su anticiper la sortie de crise !

Retrouvez l’intégralité de la tribune ici 

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