Le verbatim de… Michel Badré, ancien haut fonctionnaire, et Alain Grandjean, économiste

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« La politique énergétique doit faire l’objet d’un débat ouvert »

On le dit, on le répète, transition écologique, mix énergétique et politiques climatiques sont autant d’enjeux et de questions auxquels le gouvernement et les élus doivent répondre. Et des problématiques hautement complexes qui exigent un dialogue et des échanges ouverts entre les différentes classes politiques, mais aussi avec le grand public. Un appel au débat démocratique porté par Michel Badré, ancien haut fonctionnaire et Alain Grandjean, économiste, dans une tribune pour le journal Le Monde.

La question du nucléaire agite les programmes des candidat·es à l’élection présidentielle. De même que le développement des énergies renouvelables sur le territoire. Une bonne chose, selon Alain Grandjean, président de la Fondation pour la nature et l’homme, et Michel Badré, président du groupe de suivi des concertations sur le projet Cigéo (stockage profond de déchets radioactifs). Toujours est-il que le discours de l’exécutif – et de son président – ne suffit pas, ces enjeux dépendent avant tout du Parlement, et un agenda est déjà prévu en matière énergétique. Aussi, la Constitution, et plus précisément la charte de l’environnement qui y est rattachée, dispose que « toute personne a le droit (…) d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement ». Autrement dit, en matière de politique énergétique, pas de messes basses entre politiques et élu·es, le débat doit être ouvert au plus grand nombre et à la société civile. Michel Badré et Alain Grandjean en sont convaincus, pour faire évoluer le contexte énergétique et environnemental de façon positive, la transparence sera indispensable. ABA

 

Le président de la République, probable candidat à sa réélection, a annoncé le 10 février 2022 sa volonté de lancer un nouveau programme nucléaire et de développer, dans le même temps, les énergies renouvelables. Cette annonce éclaire les électeurs sur ses intentions, ce qui est une bonne chose.

Mais elle ne peut pas constituer une relance du nucléaire en tant que telle. En effet, cette décision ne dépend pas du président de la République actuel ou futur, mais du Parlement. La législation prévoit qu’une loi sera adoptée au premier semestre 2023 pour arrêter ces orientations. Elles seront ensuite précisées par une nouvelle « programmation pluriannuelle de l’énergie » qui se substituera à l’actuelle, arrêtée par décret en 2020.

La Constitution encadre la préparation d’un tel texte. L’article 7 de la charte de l’environnement (2005), indique, en effet, que « toute personne a le droit (…) d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement ».

Réacteurs à l’arrêt

Citons quelques-unes des questions posées par l’élaboration de ce texte :

  • La priorité concerne les efforts de sobriété énergétique, dans tous les domaines, qui doivent être réalisés avant la prise de décision politique permettant le transfert des énergies fossiles à l’électricité. Quels moyens permettront, en la matière, de suivre des trajectoires compatibles avec les objectifs des politiques climatiques dès 2030 et jusqu’à 2050 ?
  • Les réacteurs EPR, dont la construction est aujourd’hui envisagée, n’auront d’effets sur la production électrique qu’aux environs de 2040. D’ici là, seuls les réacteurs actuels et les énergies renouvelables répondront au besoin supplémentaire d’électricité. Comment sera assurée la forte accélération de la production d’énergie éolienne et solaire sur cette période ?
  • Cet hiver, EDF et l’Autorité de sûreté nucléaire ont alerté sur un risque d’insuffisance de la production électrique. Il ne résulte pas de l’intermittence des énergies éoliennes et solaires (qui ne fournissent que 10 % environ de la production), mais de mises à l’arrêt de près de 20 % du parc nucléaire existant pour des questions techniques relatives à la sûreté. Ces difficultés ne sont pas imputables au vieillissement du parc : les quatre premiers réacteurs arrêtés pour plusieurs mois, à Chooz (Ardennes) et Civaux (Vienne), sont les plus récents, mis en service à la fin des années 1990, et les plus puissants. Comment se prémunir contre la répétition de tels incidents ?

Retrouvez l’intégralité de la tribune ici

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