Le verbatim de… la Fédération française des entreprises de crèches  

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Emmanuel Macron souhaite instaurer un « droit de garde » et indemniser les parents qui n’ont pas d’autres solutions. Une décision vivement contestée par le personnel de la petite enfance qui alerte sur l’importance du rôle de la crèche.  

C’était l’une des grandes promesses du quinquennat : l’ouverture de 30 000 places en crèche d’ici à 2022. Un objectif qui « ne sera pas atteint », a reconnu le chef de l’État à l’occasion de l’ouverture du congrès national de la Fédération des acteurs de la solidarité. Un discours vivement commenté par la Fédération française des entreprises de crèches dans les colonnes du JDD, qui alerte sur l’importance de cet « investissement social aux multiples vertus ». 

« Les créations de places en crèche depuis 2015 ne suffisent plus à compenser la réduction du nombre de places d’accueil chez les assistantes maternelles et en préscolarisation », s’indigne la FFEC. Premier lieu d’échanges et de développement, ce lieu collectif tient une place capitale dans l’apprentissage des pratiques sociales et élémentaires chez l’enfant. Dans son ouvrage Naissance d’une pratique élémentaire (sociologie de la crèche), Wilfried Lignier soulignait les enjeux capitaux de ce mode de garde en collectivité : vecteur d’inclusion sociale, aide à la motricité et au développement. Ou encore l’apprentissage du jeu et du phénomène d’appropriation… Les bénéfices sont colossaux.  Une étude de la cohorte EDE (étude des déterminants du développement et de la santé de l’enfant), menée auprès de 1 428 familles, affirme que les enfants qui ont bénéficié d’un mode de garde collectif auraient trois fois moins de troubles émotionnels et de difficultés après leur entrée à l’école par rapport aux enfants gardés à domicile.

La FFEC réclame l’ouverture de 90 000 crèches « pour répondre aux besoins des familles et relancer la natalité ». Un investissement colossal mais légitime qui vise en premier lieu à éduquer les adultes de demain… MM

Alors que toute notre société s’accorde sur le fait que seul l’investissement dans la petite enfance et les 1 000 premiers jours de l’enfant nous permettra de retrouver ce qui a longtemps fait le socle de notre réussite :  une natalité dynamique , un ascenseur social efficace, une intégration par la mixité sociale, la progression de l’emploi féminin, une performance PISA reconnue, la Fédération française des entreprises de crèche (FFEC) rappelle le constat d’une dégradation structurelle du nombre de places d’accueil.

Entre 2016 et 2019, c’est 15 300 places qui ont été détruites. Depuis 2015, les créations de places en crèches ne suffisent plus à̀ compenser la réduction du nombre de places d’accueil chez les assistantes maternelles et en préscolarisation et 160 000 départs d’assistantes maternelles sont prévus d’ici à 2030.

La petite enfance est pourtant un investissement social aux multiples vertus
En effet, la crèche n’est pas seulement une solution de « garde » pour les parents, elle est aussi le lieu de socialisation des enfants et un outil de lutte contre la pauvreté en participant à une primo-éducation de qualité. Elle est aussi l’investissement public le plus rentable : pour le prix Nobel d’économie James Heckman, un dollar investi dans les meilleurs programmes éducatifs pour la petite enfance rapporte 7,3 dollars à la société. Et pour Esther Duflo, française prix Nobel d’économie, c’est une dépense 3 fois gagnante :  pour les enfants et les adultes de demain, pour les parents qui peuvent reprendre leur emploi, pour les professionnels de la petite enfance eux-mêmes.

L’intégralité de la tribune est à retrouver sur le site du JDD

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