Le verbatim de… Jean Labadie, PDG du Pacte, sur les salles de cinéma

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Jean Labadie est le PDG du Pacte. Il revient, pour Ouest-France, sur les salles de cinéma et leurs prix. Sans oublier les menaces qui pèsent sur le « grand écran » – comme la télévision.

Les salles de cinéma sont-elles mortes ? En raison de la concurrence des plates-formes – comme Netflix ou Amazon Prime Video – les salles de cinéma peinent de plus en plus à attirer les spectateur·rices. Sans compter la pandémie covid-19, durant laquelle les cinémas sont soudainement devenus des lieux de danger, voire des lieux de contamination. Le public s’habitue à rester chez lui, bien assis dans son canapé. Plus pratique, mais sans l’expérience.

En dehors de l’accoutumance à tout faire chez soi – multiplier les commandes à domicile, exercer une activité en télétravail, regarder du « cinéma » à la maison – les tarifs pour se rendre dans une salle de cinéma interrogent. Pour Jean Labadie, PDG du Pacte : « Le cinéma n’est pas un luxe […] Les étudiants peuvent bénéficier de nombreuses cartes d’abonnement. Le prix moyen de la place est à 6,50 euros. Ce qui est très cher, c’est la confiserie. » À plein tarif, c’est déjà plus cher, sans compter les familles qui veulent se rendre dans les cinémas, un vrai budget. « Payer 12 euros pour voir du grand spectacle pendant deux heures, ce n’est pas volé », renchérit Jean Labadie, vraiment ?

Quel avenir pour les salles de cinéma ?

Un vœu à formuler au prochain Président ou à la prochaine Présidente, pour le cinéma ?

On a quand même un système d’organisation du cinéma qui n’est pas si mal, en France. On est le dernier pays en Europe à avoir encore un cinéma fort. Mais il faut lutter contre la piraterie des films, qui reste colossale et a explosé avec le confinement. Il faut aussi que le cinéma fasse pleinement partie du cursus scolaire. Jamais les gens n’ont autant consommé d’images, jamais ils n’ont été aussi peu éduqués à la façon de lire une image.

Il y a aussi le prix des places qui est dissuasif ?

Le cinéma n’est pas un luxe. Les étudiants peuvent bénéficier de nombreuses cartes d’abonnement. Le prix moyen de la place est à 6,50 euros. Mais pour ceux qui y vont occasionnellement à plein tarif, avec leurs enfants, ça joue. Ce qui est très cher, c’est la confiserie ! Mais payer 12 euros pour voir du grand spectacle pendant deux heures, ce n’est pas volé. Il n’y a pas beaucoup d’autres propositions culturelles à ce tarif-là. En tant que distributeur, je touche 2,45 euros par place. C’était 2,20 euros il y a une quinzaine d’années. On suit juste l’inflation.

La télé reste une menace pour le cinéma ?

La télé a concurrencé le cinéma dès le départ. C’est là qu’on a commencé à organiser le système français (création du CNC en 1946. Dispositif consolidé par André Malraux). La baisse des spectateurs commence dans les années 1960. On est passé de 330 millions à 180 millions, en 1969. Ça se stabilise à peu près jusqu’à la fin des années 1980 avec la privatisation de TF1, l’arrivée de la 5, la 6 et Canal. Les trois hertziennes passent de plus en plus de films. La fréquentation a commencé à remonter à la fin des années 1990 avec le développement des multiplexes.

Quel bilan finalement de la pandémie ?

On finira par s’en remettre. Mais il faudra plusieurs années. Les cinémas ont quand même été présentés comme des lieux de danger. Et puis c’est comme le vélo. Quand vous êtes arrêté trois fois au feu, c’est plus dur de redémarrer. Sans oublier que les films qu’on sort ont été calculés sur les chiffres des années précédentes. Le développement des tournages de séries pose aussi des problèmes de disponibilité des techniciens.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien sur le site de Ouest-France

Journaliste-Chef de service rédactionnel. Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise...). Friand de football et politiquement égaré.

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