Le verbatim de… Chloé Morin, politologue, sur le premier tour de l’élection présidentielle

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Chloé Morin, politologue, analyse pour Ouest-France les résultats du premier tour de l’élection présidentielle.

Moins de 2 % pour le PS, moins de 5 % pour LR… mais que deviennent les partis dits « traditionnels » ? La République en Marche d’Emmanuel Macron a piétiné la gauche et la droite. Cette présidentielle 2022 est historique : elle témoigne de la surreprésentation des extrêmes ! Jamais le Rassemblement national et La France insoumise n’ont atteint de tels scores. Une aubaine pour le président sortant qui fait office de rempart. Emmanuel Macron a su, lui aussi, fidéliser son socle électoral, et progresse de 4 points par rapport à 2017. Mais comment expliquer la hausse de popularité des deux candidat·es qualifié·es au second tour ? Alors que l’un essuie les critiques pour sa posture libérale et son inaction climatique, l’autre pour ses idéaux populistes et anti-européens.

La politologue Chloé Morin a écrit l’ouvrage On a les politiques qu’on mérite (Fayard, 2022). Pour elle, ce qui séduit les électeur·rices aujourd’hui, c’est le pouvoir de l’incarnation. Les figures d’Emmanuel Macron, de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon rassemblent une partie de l’électorat français. Ces candidats sont d’excellents orateurs, leurs personnalités font écho chez les votant·es. Pour la politologue, les personnes comptent désormais plus que les partis. Un message d’optimisme finalement, pour les partis PS et LR, qui pourraient opérer un tour de force en 2027 grâce à des forces d’incarnation plus puissantes. MM

Cette présidentielle 2022 nous offre une nouvelle fois le duel Macron-Le Pen

 

Comme en 2017, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se retrouvent au second tour de la présidentielle. Est-ce que cela entérine le nouveau clivage politique français ?

Cela entérine une tripartition de la vie politique. Avec un pôle qui est rassemblé autour d’un candidat d’extrême gauche qui a digéré une partie du reste de la gauche. Un pôle central qui a totalement ingéré les anciens partis de gouvernement, que sont le Parti socialiste et Les Républicains. Et puis, un troisième pôle d’extrême droite autour de Marine Le Pen à laquelle on ajoute les voix d’Éric Zemmour.

Avec plus de 27 %, Emmanuel Macron progresse par rapport à 2017. Est-ce une bonne performance pour un président sortant ?

C’est un bon score pour un sortant qui montre que le vote utile contre Jean-Luc Mélenchon et contre Marine Le Pen a, en partie, fonctionné. Emmanuel Macron a réussi à se positionner comme le seul rempart à ces deux extrêmes. Néanmoins si on compare le poids total des voix républicaines modérées, on se rend compte que sur le long terme, on va vers une radicalisation du pays. À la fois à l’encontre du président sortant mais aussi du système politique et des institutions.

Emmanuel Macron semble avoir beaucoup moins de réserves de voix qu’en 2017…

La difficulté pour lui, c’est que le rejet de Marine Le Pen a considérablement diminué depuis cinq ans. Par ailleurs, lors des dernières élections régionales, des soutiens d’Emmanuel Macron avaient eux-mêmes remis en cause le front républicain estimant qu’il n’était plus opérant. Ce front républicain va de nouveau être testé et on peut craindre qu’un certain nombre de Français n’aillent pas faire barrage à Marine Le Pen comme ils l’ont fait en 2002 et 2017.

Retrouvez la tribune sur le site du Ouest-France

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