Le verbatim de… Catherine Grangeard, psychanalyste

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Catherine Grangeard est psychanalyste, elle revient pour Ouest-France sur la peur que l’on ressent face au virus. Une peur subjective.

Bientôt deux ans que la pandémie se trouve au cœur de nos discussions. D’abord parce que la covid-19 a entraîné tout un tas de mesures qui ont eu un gigantesque impact sur notre quotidien – confinements, couvre-feux, télétravail, passes sanitaire et vaccinal etc. Aussi parce que nous avons eu peur. Peur d’un virus dont on ne connaissait pas grand-chose en mars 2020. Petit à petit, on s’y accoutume. Pas toutes et tous de la même façon… la peur est subjective, rappelons-le.

Face à un même virus, la peur diffère selon les personnes. Parce qu’effectivement, nous ne sommes pas tous égaux face à la covid-19. On n’a cessé de le répéter, les plus âgé·es et celles et ceux atteint·es de comorbidités constituent ce que l’on appelle une population à risque. « La peur est liée au danger que ressent un individu face à un même phénomène », explique Catherine Grangeard, psychanalyste. Bien sûr, les médias ont un rôle à jouer, est-il bien nécessaire de rappeler, et ce à un rythme quotidien, le nombre de contaminations ? encore 392 168 cas jeudi 27 janvier en l’espace de 24 heures. 392 168 cas, de quoi affoler les plus réceptif·ves à la peur. GW

« Le virus de la covid est le même pour tout le monde mais pas la peur. Je ne comprends pas ma sœur, elle refuse jusqu’à prendre un café en intérieur. » ​Cette phrase prononcée par Mathilde, une trentenaire aussi rousse que frisée me surprend. Elle m’interpelle plus exactement. La peur étant psychologique, l’évidence me saute aux oreilles. La peur est liée au danger que ressent un individu face à un même phénomène.

Dans mon cabinet de psychanalyste, j’observe la marche du monde au travers de ce qu’en disent les patients. La covid nous marque tous profondément. Mais plus encore certains que d’autres. Mathilde fait partie des « No CovidPhobie », comme elle se définit. Elle est « vaccinée afin de ne pas se compliquer la vie », dit-elle. Pas par peur de la police ni de la maladie, ajoute-t-elle. Jeune et en bonne santé, elle ne risque rien, estime-t-elle. « Et surtout, je ne suis pas du genre à dramatiser. Mon rapport à la mort est lointain. » Arrêtons-nous sur cette petite phrase. Il est certain que plus les gens sont âgés ou plus ils sont malades, plus la mort fait partie de la vie. Le risque me paraît plus éloigné, probable certes mais in-envisagé réellement. Plus les personnes sont habitées intérieurement par la conscience de la mort, de la finitude, parfois même obsessionnellement, et plus la peur trouve à se développer.

Le climat anxiogène ne s’arrête pas au virus proprement dit, bien sûr. La peur concerne les répercussions sur la vie dans sa globalité au-delà même des libertés individuelles dont on parle partout.

Comment s’en sortir ? Je n’ai pas de recette à proposer. Chaque crise fait inventer des solutions qui dépendent de la personnalité de chacun. La perception de certains faits les rend plus redoutables qu’ils ne le sont. La force de vie de chaque personne est la meilleure alliée pour mener ce type de combat.

Retrouvez l’intégralité du point de vue sur le site de Ouest-France

Journaliste-Chef de service rédactionnel. Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise...). Friand de football et politiquement égaré.

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