Le verbatim d’… Isabelle Guinaudeau sur l’utilité des programmes des candidat·es à l’élection présidentielle

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Isabelle Guinaudeau est chargée de recherches CNRS au centre Émile Durkheim de Sciences Po Bordeaux. Elle revient, pour Ouest-France, sur l’utilité des programmes politiques des candidat·es à la présidentielle 2022.

On attend toujours l’annonce de candidature à sa propre succession d’Emmanuel Macron. Faudra-t-il attendre le Salon de l’Agriculture ? Une chose est sûre, le premier tour de l’élection présidentielle se déroulera le 10 avril. Avez-vous, peut-être, déjà fait votre choix pour le prochain quinquennat. Ou attendez-vous l’ensemble des programmes politiques pour étudier les propositions concrètes des prétendant·es à l’Élysée…

C’est le sondage de la semaine concocté par EcoRéseau Business : allez-vous voter pour une personnalité ou un programme politique ? En filigrane se pose la question de l’utilité des programmes des candidat·es. Isabelle Guinaudeau s’est penchée sur le sujet, qui écrit ces fameux programmes ? Sont-ils lus ? Ont-ils une influence auprès des électeur·rices ?

Qui écrit les programmes des candidats ?

Dans les partis de masse issus du mouvement ouvrier, c’est l’appareil partisan mais il y a des contributions qui viennent de la base, des militants. Voyez le programme de Fabien Roussel : c’est vraiment celui du parti. Son propre nom n’apparaît pas.

Des experts apportent leur « patte » ?

Oui, il y a des échanges avec des spécialistes, des chercheurs. On écoute aussi beaucoup les associations, les représentants de différents groupes d’intérêt. Aujourd’hui, des hauts fonctionnaires et des think thank, des fondations (Terra Nova ou la Fondation Jean Jaurès, proches du PS, ou la Fondapol proche des Républicains) ont aussi une influence croissante dans la rédaction des programmes.

Pendant la campagne, les candidats font aussi, souvent, des promesses à des groupes sociaux…

Ce sont des promesses qui vont générer une forte adhésion, comme celle d’augmenter le minimum vieillesse. Ou lutter contre les violences familiales. Populaires, elles sont souvent tenues a minima, car elles sont perçues comme coûteuses. Et destinées à des groupes sociaux peu puissants, qui ne sont pas en mesure d’exiger leur dû par la suite. Cette année, on pourrait s’attendre à ce qu’il y ait beaucoup de propositions pour la jeunesse, qui a beaucoup souffert pendant la covid.

Est-ce qu’on vote à partir des programmes ?

Non, leur rôle est faible par rapport aux considérations de parti, de candidat et de « vote utile ». Ils sont peu lus, même s’ils sont relayés de multiples manières, dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans les meetings… On retient plutôt les grandes promesses et les grands thèmes de campagne : « La fracture sociale » de Jacques Chirac en 1995, ou « Mon ennemi, c’est la finance », de François Hollande en 2012.

Retrouvez l’intégralité des propos d’Isabelle Guinaudeau sur le site de Ouest-France

Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise...). Friand de football et politiquement égaré.

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