Le verbatim d’… Igor Munteanu, politologue, sur la guerre en Ukraine et l’inquiétude moldave

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Igor Munteanu est politologue et fondateur de l’Institut pour le développement des initiatives sociales (Idis) de Chisinau (Moldavie). Il revient, pour Ouest-France, sur le conflit russo-ukrainien et la menace russe qui pèse sur la Moldavie.

« Jusqu’où ira Vladimir Poutine ? », répète les journaux, presse écrite ou télévision, depuis l’invasion russe en Ukraine – dans la nuit du 23 au 24 février. Depuis, le conflit se poursuit. Le président russe Poutine compte bien « dénazifier » l’Ukraine. Mais, comme souvent dans une guerre, ce sont les civil·es qui trinquent. Qui meurent ou quittent leurs terres. Lundi 14 mars, les Nations unies chiffrent à plus de 2,8 millions le nombre de personnes qui ont fui l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe – et 2 millions de déplacé·es à l’intérieur du territoire. L’un des pays voisins, la Moldavie, n’est pas rassuré.

La Moldavie craint, à son tour, de subir une invasion russe. Notamment parce que le petit pays de 2,6 millions d’habitant·es a une partie de son territoire qui est aux mains des séparatistes prorusses. En outre 10 000 soldats russes stationnent dans la république autoproclamée de Transnitrie, une longue bande de terre de 10 km de large sur 450 km de long. Pour le politologue Igor Munteanu, la Moldavie pourrait être la prochaine cible de Vladimir Poutine.

 

Dans quelle mesure votre pays a-t-il été déstabilisé par Moscou ces 30 dernières années ?

La Russie n’a jamais cessé d’intimider notre pays à coups d’attaques hybrides. Exemple, l’assaut contre notre système bancaire en 2014. C’est le scandale du « milliard de dollars qui s’est envolé dans la nature », du jour au lendemain. Avec la complicité de certaines élites moldaves, trois grosses banques ont accordé des crédits pour un montant d’1 milliard de dollars (12,5 % de notre PIB) à des destinataires non identifiés.

Autre gros levier russe : l’énergie. Nous sommes pieds et poings liés. 100 % de notre gaz et de notre électricité, on les paye à Gazprom. Tout vient pourtant d’une thermo centrale de gaz et charbon située en Transnistrie, une partie de la Moldavie (entre la rive orientale du Dniestr et la frontière avec l’Ukraine) dont les Russes ont pris le contrôle illégalement.

En quoi les stratégies russes en Transnistrie et dans le Donbass d’Ukraine se rejoignent ?

La Guerre du Donbass est un copier-coller de ce que nous avons vécu. En 1991 lorsque la République de Moldavie a déclaré son indépendance, la région de Transnistrie (où se trouve une minorité russophone) n’a pas accepté, et la guerre a éclaté. Elle a duré 6 mois. Moscou a envoyé des tanks et sa 14e armée, et un cessez-le-feu a été signé. Depuis, la situation est gelée, les militaires russes sont toujours là. Bien entendu cela bloque l’évolution de notre pays.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien sur le site de Ouest-France

Journaliste-Chef de service rédactionnel. Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise...). Friand de football et politiquement égaré.

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