Le verbatim d’… Aude Bernheim, de l’Inserm

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Aude Bernheim est généticienne à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Selon elle, les filles doivent davantage s’engager dans les filières dites « élitistes ». Comme apprendre à coder.

Encore aujourd’hui, on ne retrouve pas autant de filles que de garçons dans certaines filières, notamment ce qu’on pourrait appeler les sciences « dures » – mathématiques, ingénierie, physique-chimie etc. Au même titre que l’on observe des déséquilibres au sein de branches qualifiées, à tort, « féminines ». Hélas, les stéréotypes ont la vie dure… et influencent votre carrière.

La filière cybersécurité, par exemple, manque cruellement de main d’œuvre. Un sondage PwC chiffrait à 3,5 millions le nombre de postes dans le monde non pourvus en 2021. Des facteurs multiples, dont un : « Il manque encore cruellement de mixité », nous confiait en mars Karl Rigal, directeur marketing du cabinet StedY. L’autocensure sévit dans ce milieu très masculin, et certaines femmes peuvent ne pas se sentir à leur place. Pour Aude Bernheim, l’intelligence artificielle peut y participer (avec des algorithmes plus inclusifs), mais encore faut-il que des femmes participent à la constitution de ces mêmes algorithmes… Plus que jamais, encourageons les jeunes filles à s’engager dans des filières dites « élitistes ». Au nom de l’égalité, tout simplement.

« Les filles doivent être encouragées à coder »

L’IA peut-elle réduire les inégalités ?
Oui, à condition d’être vigilant quant à la façon dont sont conçus ces systèmes d’apprentissage automatique. Des scientifiques travaillent déjà à produire des algorithmes inclusifs, des chartes pour une IA équitable. Il faut se poser des questions précises à chaque étape de développement : l’algorithme a-t-il été pensé avec des communautés différentes ? Les données à partir desquelles le logiciel est entraîné sont-elles représentatives de la population ? Véhicule-t-il des stéréotypes, et lesquels ?

« Encoder l’égalité » dans les écoles d’informatique et de mathématique peut-il changer la donne ?
Les filles doivent apprendre à coder, être encouragées à s’engager dans ces filières dont l’élitisme engendre un phénomène d’autocensure. Des institutions mettent en place des politiques ambitieuses pour attirer et retenir les étudiantes.

L’exemple le plus spectaculaire est celui du campus numérique de l’École 42 à Paris. Sa directrice, Sophie Viger, a développé 35 mesures concrètes : relever la barrière de l’âge d’admission, instaurer des politiques strictes envers le harcèlement sexuel, viser un public particulier via Pôle Emploi etc.

Ces mesures ont permis d’augmenter sensiblement le recrutement féminin.

Retrouvez l’intégralité des propos d’Aude Bernheim sur le site Sciences et Avenir

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