Le verbatim d’… Albin Wagener, chercheur associé à l’université Rennes-2

Temps de lecture estimé : 2 minutes

Le chercheur Albin Wagener tire la sonnette d’alarme : les Français·es doivent changer leurs habitudes de consommation, et vite !

Marches pour le climat, rapports successifs et alarmants du Giec…  L’urgence climatique ne peut plus être ignorée. Souvent synonyme d’éco-anxiété, parfois de révolte, elle est au cœur des préoccupations citoyennes. Aujourd’hui, les Français·es attendent une réponse de la classe politique, qui semble ignorer la question environnementale… Le 12 mars, plusieurs centaines de milliers de personnes battaient le pavé, pour alerter les candidat·es sur la nécessité de placer l’écologie au cœur de la campagne électorale. Des accusations corroborées par le « baromètre climat » de plusieurs ONG environnementales : seulement 1,5 % du temps de parole des candidat·es serait consacré à la question climatique !

Mais si la classe politique peut/doit mieux faire, les Français·es aussi ? Comme le souligne GreenPeace : « Ce ne sont pas les citoyen·es qui rechignent à taxer le kérosène des avions, qui laissent des lignes de trains disparaître, qui signent des traités commerciaux destructeurs ou qui donnent leur feu vert à des projets climaticides. » Certes. Mais dans la lutte climatique, chaque geste compte. Albin Wagener, chercheur associé à l’université Rennes-2, a mené une étude sur les principales préoccupations des Français·es sur les réseaux sociaux. Bonne nouvelle : ils·elles sont sensibles à la question du climat. Mauvaise nouvelle : ils·elles ne sont pas près de changer leurs habitudes de consommation. Comme changer ses habitudes de transports, ses habitudes alimentaires, réduire sa consommation d’eau, d’énergie… Pour ce faire, il faudrait repenser l’intégralité de notre modèle économique et financier. Alors, Albin Wagener a développé une théorie : « l’écoarchie ». Un système politique au sein duquel la chaîne des valeurs serait inversée. Le national serait au service du local. Ainsi, toute décision prise, à n’importe quelle échelle, répondrait au principe écologique. MM

Climat : les Français·es y sont sensibles !

Qu’avez-vous cherché à faire avec ce rapport ?

L’idée c’était de regarder comment les gens parlaient du changement climatique sur les réseaux sociaux depuis ces cinq dernières années. Pour ce faire, je suis allé extraire les commentaires produits par les internautes, notamment ceux écrits sous les publications qui avaient le plus de taux d’engagement (c’est-à-dire aimés et partagés le plus de fois).

Avec toute cette matière j’ai pu à la fois comprendre ce que les gens disent sur le climat et quels sont les enjeux de pouvoir derrière tout cela.

Si on regarde les commentaires en tant que tels, cela nous apporte une première information : les gens s’intéressent au climat. Quand on voit des centaines de milliers de commentaires, c’est quelque chose d’assez représentatif même si tout ne se passe pas sur les réseaux sociaux.

Ensuite, ces commentaires, notamment sur Twitter, permettent de saisir quels sont les rapports de force autour de cette thématique. Ce réseau social n’est pas représentatif de la société française, en revanche, il est représentatif de la manière dont les leaders d’opinions se comportent sur le plan politique, dans les médias et dans le monde militant.

Quel constat général avez-vous tiré avec cette étude ?

Le climat fait parler. Les gens sont bien conscients de ce qui se passe et c’est plutôt une bonne nouvelle. Lorsqu’on regarde les commentaires, on sent que les internautes sont vraiment concernés et qu’ils en parlent avec sérieux.

Cette étude met également en avant un aspect plus surprenant : si dans les leaders d’opinions que l’on retrouve sur les réseaux sociaux, le climatoscepticisme subsiste, en revanche dans le discours général des internautes, il est quasi inexistant.

Dans la manière dont les idées circulent sur les réseaux sociaux, on se rend bien compte que les gens ont pris conscience des enjeux du réchauffement climatique.

Retrouvez l’intégralité de la tribune sur le site de Ouest-France

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

J’accepte les conditions et la politique de confidentialité

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.