Une campagne pour lutter contre la surexposition des enfants aux écrans

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Les député·es LREM et des personnalités, dont Benoit Hamon ou encore le chanteur Nicola Sirkis, souhaitent sensibiliser les parents aux risques de la surexposition numérique chez les plus jeunes. Un projet de loi est actuellement sur la table.

Une centaine de député·es de la majorité lancent une campagne numérique pour lutter contre la surexposition des enfants aux écrans. Cette action portée par Caroline Janvier (députée LREM) appelle à l’élaboration collective d’une proposition de loi qui vise à sensibiliser et à prévenir les parents sur les risques encourus par les plus jeunes. Dans une tribune publiée dans Le Monde, le 10 décembre, les parlementaires tirent la sonnette d’alarme : la surexposition des enfants aux écrans « pourrait être le mal du siècle » ! Il s’agit là d’un véritable problème de santé publique.

Aujourd’hui en France, neuf foyers sur dix possèdent plusieurs écrans. Selon le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), on en dénombre en moyenne plus de cinq par foyer. Ces nouvelles habitudes domestiques agissent de manière néfaste sur la santé des enfants. « 728 heures, c’est la durée nécessaire pour regarder 11 fois les 8 saisons de Game of Thrones, mais c’est également la durée moyenne d’exposition annuelle des enfants de 3 à 10 ans aux écrans », pointe la tribune. Une étude publiée par Santé Publique France en 2020 démontre que les enfants exposés aux écrans avant l’école et qui ne discutent pas avec leurs parents ont « six fois plus de risques de développer des troubles primaires du langage ». La surexposition aux écrans est également nocive au développement de la mémoire et à l’apprentissage de la marche. Elle provoque des troubles du sommeil et de l’attention.

L’exposition aux écrans est déconseillée aux enfants avant deux ans. Une étude du ministère de la Culture parue en 2019 démontre que 87 % des enfants regardaient la télévision avant l’âge de deux ans. Pour une moyenne hebdomadaire de 6 h et 50 minutes.

Des recommandations sur les emballages des téléphones ?
Plusieurs mesures sont proposées par les député·es afin de sortir de cette spirale infernale. Dans un premier temps, ils·elles souhaiteraient que les professionnel·les de santé et de la petite enfance soient formé·es aux risques liés à la surexposition numérique. Les parlementaires envisagent également des mesures préventives comme la mise en place de « messages de prévention » sur les emballages d’ordinateurs, de télévisions, de tablettes ou de téléphones portables, ainsi que dans les carnets de grossesse et de santé des parents. 

L’objectif des parlementaires n’est pas de « condamner l’usage des écrans en soi », car ils « peuvent être très utiles pour éveiller la curiosité et développer les connaissances ». Ils appellent simplement à condamner « l ‘aliénation numérique ».

Le texte devrait être déposé en février 2022
Les député·es devraient déposer le texte à l’Assemblée Nationale en février. Il n’aura malheureusement pas le temps d’être examiné sous le quinquennat d’Emmanuel Macron… En novembre 2018, le Sénat avait adopté en première lecture un texte similaire, mais il avait été jugé, à l’époque, « pas assez étayé ». On espère un sort meilleur pour cette nouvelle proposition.

Le recours aux écrans chez les plus jeunes est aujourd’hui monnaie courante. Il y a 20 ans, les télévisions restaient accrochées dans le salon, maintenant les portables et tablettes nous suivent partout. La tentation est par conséquent nettement plus importante, y compris pour les parents qui calment leur progéniture à coup de téléphone portable, que ce soit dans les transports ou dans les lieux publics. Pourtant, d’autres pratiques existent pour distraire les enfants : les jeux de société, les activités sportives, entre autres. MM

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