Plus que jamais, la fonte de la banquise inquiète

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La banquise d’été a atteint son deuxième niveau le plus bas jamais observé. 

Ouvrons les yeux. Voilà quelques semaines déjà que nous assistions à la fracture d’un des plus grands glaciers d’Arctique, le Nioghalvfjerdsfjorden (N-79). Une perte d’environ 113 kilomètres carrés de glace, qui ont dérivé au large de l’océan Arctique. Conséquence du réchauffement climatique. Plus globalement, d’après les observations satellites du National Snow and Ice Data Center aux États-Unis, la banquise d’été de l’Arctique a rarement atteint un niveau aussi bas. D’alerte.  

Plus de temps à perdre. En finir avec les raisonnements insensés comme les « ça va se refroidir », scandés par le président des États-Unis lors des incendies qui ont ravagé la Californie. Encore une fois, les preuves du réchauffement climatique se multiplient, la dernière en date : la fonte de la banquise d’été. Oui, sa fonte durant cette période s’avère tout à fait normale, mais à un rythme qui est devenu aujourd’hui anormalement rapide. Même sa superficie hivernale se rétrécit progressivement. Cet été, la banquise, soit la glace qui se forme sur l’eau, a atteint son deuxième niveau le plus bas, le triste record avait été observé en 2012.

Un minimum atteint le 15 septembre 
Le directeur du National Snow and Ice Data Center, Mark Serreze, constate les dégâts : « L’année a été folle dans le nord, avec la banquise presque au niveau le plus bas jamais vu, des canicules […] en Sibérie et des immenses feux de forêts », a-t-il regretté. Face à cette fonte de la banquise, le minimum aurait été atteint le 15 septembre : environ 3,74 millions de kilomètres carrés.  

Un phénomène qui ne date pas d’hier, « la faible couverture de la banquise cette année est pile dans la tendance de déclin observée depuis quatre décennies », analyse Claire Parkinson, scientifique et climatologue. De plus, les satellites ne mentent pas, depuis 1979, les superficies (que ce soit en été ou en hiver) subissent un rétrécissement net.  

Plus grave que prévu : la banquise pourrait disparaître plus rapidement
La banquise pourrait disparaître plus rapidement que ce que tous les modèles climatiques avaient prédit. En juillet, plusieurs chercheur·euses de l’université de Copenhague (Danemark) ont publié une étude dans la revue Nature où ils·elles s’alarmaient de la rapidité avec laquelle la température augmentait dans la région de l’Arctique : « Les changements se produisent si rapidement en été que la banquise est susceptible de disparaître plus vite », a prévenu Jens Hesselbjerg Christensen, professeur de climatologie. Et les conséquences pourraient être dramatiques. Puisqu’une fonte accélérée de la banquise pourrait bouleverser le mode de vie des Inuits au Groenland. En parallèle, les ours polaires souffriraient de cette disparition prématurée, ils en dépendent pour attraper les phoques par exemple.  

La fonte de la banquise ne contribue pas directement à la montée des océans, mais produit des effets indirects : « À cause de la fonte de l’Arctique, l’océan va absorber plus de chaleur, et nous finirons toutes et tous par être exposé·es aux effets dévastateurs du dérèglement climatique », s’inquiète Laura Meller de Greenpeace. D’où la nécessité de réagir, les dirigeants mondiaux doivent se réunir à l’ONU pour discuter climat et biodiversité. On attend aussi avec impatience la COP26, qui devait avoir lieu cette année à Glasgow du 9 au 20 novembre et qui a finalement été reportée en 2021 en raison de la crise sanitaire. Avis aux climatosceptiques, baissez les armes. GW. 

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