Pollution : sortir la tête de l’eau

Grâce à cet outil, les entreprises pourront mesurer l’impact de leurs activités sur les océans.

Les entreprises doivent prendre conscience de leur impact sur les océans. La Fondation de la Mer et le Boston Consulting Group (BCG) ont conjointement mis à disposition un nouvel outil destiné aux entreprises afin de mieux appréhender leur influence sur les océans. Souvent délaissés dans les objectifs de développement durable, les océans pâtissent depuis des lustres de notre impérialisme productif. Lundi 8 juin fut la Journée mondiale des océans, l’occasion pour les entreprises de tirer les bonnes leçons.

ODD 14 reste le grand oublié des objectifs de développement durable. L’Objectif de développement durable n° 14 vise à conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines. Depuis des années, les entreprises ont fait la sourde oreille : pollution chimique et plastique, destruction des écosystèmes, marées noires… la liste est sans fin. Résultat, les populations de poissons et de cétacés ont chuté de 49 % entre 1970 et 2012. Pire, chaque année, entre 5 et 13 millions de tonnes de plastique sont déversées dans ce qui représente un peu plus des deux tiers de notre planète. Un constat affligeant qui a poussé la Fondation de la Mer et BCG à créer un nouvel outil de reporting, gratuit, qui servira aux entreprises – et notamment les plus grandes – à mesurer leur impact sur les océans.

L’outil met en lumière multiples indicateurs, utiles aux entreprises qui pourront par exemple appréhender leur degré de pollution des milieux marins, perturbation et artificialisation des habitats ou encore l’acidification des océans. Une création qui s’inscrit dans l’essor du mouvement RSE, soit la responsabilité sociale des entreprises.

Une dizaine d’entreprises réceptives, un bénéfice aussi pour l’économie
Pas seulement une visée écologique. Des répercussions économiques positives découleraient d’une meilleure préservation des ressources marines. Pour rappel, en France, la valeur économique liée aux océans correspond à environ 14 % du PIB. Dans une étude publiée par Nature, des chercheur.euses ont souligné les retombées éventuelles d’un meilleur traitement des océans : pour chaque dollar investi, on estime un retour d’investissement multiplié par 10. Grâce notamment à l’attrait touristique, la pêche ou bien la prévention des inondations.

Pour l’heure, une dizaine d’entreprises ont participé à l’affinement du dispositif comme Clud Med, Engie, Michelin, Nausicaa ou Suez. Pour le directeur général de l’Aquarium Nausicaa, Philippe Vallette, cet outil s’avère le bienvenu : « Grâce aux indicateurs sélectionnés, nous avons désormais des pistes d’amélioration concrètes sur l’impact que nous avons sur l’océan. De quoi développer des objectifs clairs et quantitatifs sur les sujets – achats responsables en poisson, recyclage des déchets, performance énergétique… – que nous avons identifiés comme matériels pour nous », a-t-il déclaré. Les océans réclament un bon bol d’oxygène, soyons capables de leur redonner un second souffle. Pour toute l’humanité. GW

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