Le think tank Fabrique de la Cité publie un rapport pour verser au débat public des éléments de réflexion et des pistes de financement.

Parce que les transports représentent près d’un quart des émissions de carbone à l’échelle mondiale, ils sont aujourd’hui au cœur des stratégies déployées pour lutter contre le changement climatique. Dans un contexte de croissance démographique et de hausse tendancielle des revenus liée à la croissance économique, la décarbonation des transports demande des actions rapides et la mise en place d’actions coûteuses. Financer la mobilité dans un monde post-carbone : le dernier rapport du think tank Fabrique de la Cité, dédié à la prospective et aux innovations urbaines, présenté le 28 mai, entend verser au débat public des éléments de réflexion utiles à la préparation de la transition des mobilités ainsi que des pistes concrètes pour son financement.

La mobilité coûtera plus cher
Villes et États sont-ils désarmés face à ce défi ? Le think tank met en avant les nombreux instruments de financement de la décarbonations de la mobilité mis en place à Oslo, à Hong Kong, à Singapour, à New York ou à Londres, qui ont mis en place ou expérimentent des solutions efficaces fondées sur une refonte des outils fiscaux traditionnels ou encore sur le développement de taxes assises sur des actifs fonciers ou immobiliers. Ces exemples révèlent que les stratégies choisies par ces territoires ont en commun la définition d’une feuille de route et d’objectifs clairs, mais aussi que la question des outils n’est abordée qu’en deuxième instance.

« Le sujet de la lutte contre le réchauffement climatique fait largement consensus, néanmoins la question des moyens demeure débattue et irrésolue, d’autant plus que l’action sur le prix de la mobilité emporte des conséquences directes sur les fondamentaux démocratiques que sont la liberté, l’égalité de traitement et l’équité. Le succès d’un mécanisme de financement de la mobilité est donc conditionné par son acceptabilité, qui exige de prendre en compte des préoccupations parfois contradictoires mais indissociables : efficacité économique, accessibilité des territoires, principe du pollueur-payeur, etc. En outre, comme l’augmentation du prix de la mobilité risque d’être perçue comme une perte par l’usager, il est essentiel de mettre en place des mécanismes de péréquation perçus comme compensatoires », note le rapport du think tank.

Derrière l’analyse de systèmes déjà en place, Fabrique de la Cité dresse une liste de 19 propositions développées. Chacune liste les avantages et les inconvénients. « L’équation de la mobilité dans un monde post-carbone ne saurait être résolue par la simple technique. Les solutions seront nécessairement complexes et demanderont de créer des convergences par-delà les fractures sociales, territoriales et économiques », indique le rapport. Autrement dit : l’avenir du transport propre exige un effort collectif dont l’usager ne saurait s’affranchir. RR

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