Silver economy et services à la personne, secteurs actifs!

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Alain Bosetti est président du groupe en Personne et des salons Silver Economy Expo et Salon des services à la personne et de l’emploi à domicile.

Lors des 23 et 24 novembre dernier, se sont tenus Porte de Versailles la Silver Economy Expo et le Salon des services à la personne et de l’emploi à domicile, organisés par en Personne. Pour cette édition 2021, exposant·es et participant·es ont pu profiter d’une organisation hybride, après une édition 2020 100 % digitale. Pour ÉcoRéseau Business, Alain Bosetti, président d’en Personne et des deux salons, fait le bilan de ces éditions 2021 et décrypte les récentes évolutions d’un secteur de la silver economy en pleine expansion.

Que retendez-vous en priorité des éditions 2021 des deux salons ?

Je retiens une première grande tendance : les salariés du secteur verront leurs salaires, avantages et opportunités de progrès augmenter significativement en 2022. Pourquoi ? D’abord parce qu’il y a une forte tension dans ce secteur : la dernière enquête de besoin de main d’œuvre de Pôle emploi recense 100 000 postes ouverts et non pourvus en aide à domicile et garde d’enfants. Au total, les exposants du salon proposent 32 000 offres d’emploi. Le premier point de tension c’est l’emploi.

Aussi, le gouvernement a récemment annoncé des hausses de salaires pour les employés des associations, ce qui ne plait pas aux entreprises et qui va favoriser encore la hausse générale des salaires du secteur. Des meilleurs salaires, des formations plus développées – une dizaine de nos exposants étaient des organismes de formation spécialisés, c’est une première – , et donc un meilleur service pour les clients et les bénéficiaires.

L’année 2022 s’annonce positive pour le secteur de la silver economy donc ?

Un autre point très positif pour le secteur est l’avance de crédit d’impôt. À partir du 1er janvier prochain pour les particuliers employeurs et du 1er avril pour les clients des entreprises et des associations, le crédit d’impôt ne se fera plus a posteriori mais directement au moment de payer la prestation. Plutôt que de dépenser 100 et de se faire rembourser 50 l’année suivante, les clients ne dépenseront directement que 50, pour schématiser. Autrement dit, le coût horaire va baisser de 50 %. J’en retiens deux conséquences : d’abord cela va booster l’activité et l’accès à l’aide à domicile, et ensuite cela va réduire le travail informel et non déclaré. C’est positif pour les familles, les structures et les salariés.

Dans les grandes lignes, comment évoluent les entreprises du secteur ?

Globalement on voit un double mouvement d’expansion et de regroupement par acquisition. Depuis environ 5 ans, il y a moins d’acteurs sur le secteur de la silver economy, avec par exemple des groupes d’Ehpad qui rachètent des entreprises de service à la personne. Les têtes de réseau ont de plus en plus d’enseignes, mais continuent de créer des nouvelles enseignes spécifiques. En 2005, avant le plan Borloo, il y avait 5 500 organismes de services à la personne, aujourd’hui on en compte 48 000.

Durant le salon, le groupe Domia (Acadomia-Shiva) a par exemple lancé Nos Aimés une enseigne dédiée aux seniors. Et le groupe Oui care a lancé Autonomia, start-up lauréate de l’édition 2021 de la Silver Académie. Le secteur est aussi très actif sur le plan technologique et digital, il y a des besoins colossaux pour accompagner les mouvements des grands groupes.

Comment se porte l’entrepreneuriat ?

Dans la silver economy et le service à la personne, l’entrepreneuriat reste très actif et porteur. Pour la première fois, L’Union des auto-entrepreneurs était exposante au salon. Le secteur est très attractif pour les entrepreneurs, au niveau des services, de l’équipement et des data. Dans les services, les start-up s’immiscent là où il y a des trous dans la chaine de valeur. Je pense notamment à deux start-up, Ezio et Payelo, qui ont créé des solutions de listes de course et de paiement pour faciliter la tâche des aidants, et aux projets intergénérationnels. On observe aussi l’émergence du nouveau métier de care manager. Sans oublier les écosystèmes et les pôles d’innovation et incubateurs dédiés aux entreprises du secteur qui se développent partout.

On est passé d’un secteur prometteur, un secteur de demain, à un secteur très actif et attractif aujourd’hui. Avec toujours pour finalité de permettre de mieux vivre chez soi pour le plus grand nombre et de mieux vieillir pour les plus âgés.

Propos recueillis par Adam Belghiti Alaoui

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