Paris reste le leader européen des congrès de plus de 500 exposants

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Force est de constater que la distanciation commence à tomber : accolades, embrassades… Après, tout dépend des entreprises qu’on reçoit sur le site. Celles qui sont liées au médical sont davantage précautionneuses que d’autres dont les salarié·es ont moins de souci à se serrer la main ou à se faire la bise – Élodie Faugier, Le domaine de Frémigny

La filière respire enfin avec le retour des rendez-vous physiques. Un salon leur est consacré, Heavent Paris. Que révèle-t-il ?

« Un fait social total. » Cette expression forgée par Marcel Mauss dans son célèbre Essai sur le don (1924) désigne d’importants rassemblements physiques d’individus et d’institutions dont la vocation est de revivifier le lien social.

Avant l’épidémie de coronavirus, les foires, salons, congrès et autres événements professionnels étaient légion aux quatre coins du pays. Mais la pandémie mondiale, au moment de son irruption dans l’hexagone en mars 2020, a stoppé net la manifestation physique de tels rendez-vous. Un arrêt d’activité de plusieurs mois qui a causé une baisse du chiffre d’affaires de la filière dans son ensemble, de l’ordre de 70 à 80 % comparé à 2019, et quasiment de 100 % entre mars 2021 et mars 2020. « La proportion d’événements qui a pu se tenir est marginale. Même si on avait la possibilité pendant une période de faire des événements à 5 000 personnes, le préfet pouvait les faire annuler quelques jours avant. Face à cette imprévisibilité, la plupart ont jeté l’éponge », rappelle Frédéric Pitrou, délégué général de l’Unimev. Dans ce contexte, 20 % de faillites ont été enregistrées. Leur nombre aurait pu être beaucoup plus important sans les aides de l’État, comme le souligne le volet précédent.

L’annonce de l’allègement progressif des restrictions engagé le 3 mai, avec la levée de certaines jauges dans les établissements accueillant du public, a provoqué un véritable appel d’air pour les rencontres événementielles. « Le marché repart, apprécie Frédéric Pitrou, avant de pondérer aussitôt son propos. Les événements d’audience nationale ou européenne reprennent correctement. Ceux qui souffrent le plus sont les événements à portée internationale (Asie et États-Unis). Il est certain qu’on devrait retrouver une activité encore plus normale pour l’année 2022, sachant que les professionnels prédisent que ce n’est qu’en 2023-2024 qu’on attendra une activité comparable à celle de 2019… »

Besoin de ressouder les équipes

Troisième destination mondiale de l’accueil de congrès, la France cultive indéniablement un savoir-faire événementiel. Sa capitale, Paris, reste leader planétaire de la tenue de réception de plus de 500 exposants. « Les défis de la filière sont clairs, note Frédéric Pitrou : assurer une meilleure attractivité de la destination France et faire en sorte qu’on arrive à insuffler de la confiance aux participants. Certains ressentent encore une certaine réticence voire de la frilosité à se rendre physiquement à des manifestations professionnelles. »

Toujours est-il que la reprise est bel et bien au rendez-vous. Comme le fait remarquer Élodie Faugier, responsable commerciale du Domaine de Frémigny en Saône-et-Loire, « nous accueillons de nombreux séminaires d’entreprises : team-building, animation d’équipes. Le besoin de se retrouver est patent. Beaucoup de collaborateurs étaient en télétravail et avaient peu de contacts avec leurs collègues. » Retrouver une cohésion d’équipe au sein de l’entreprise, voilà l’objectif recherché. « Une volonté de développer le business par des rencontres physiques, corrobore Julien Salzer, consultant événementiel. L’occasion de face-à-face, de proximité et de coopération : serrer la main d’un partenaire, échanger avec un collègue, prendre un verre avec un fournisseur », résume Salzer.

La distanciation commence à céder

Élodie Faugier note cependant que les événements sont souvent organisés à la dernière minute, comme le relève Éric Chauvet, Sodexo Live, plus haut. « C’est désormais du mois par mois. Mais on s’adapte à cette nouvelle réalité. » En se réinventant : « Les organisateurs doivent faire en sorte que l’attractivité de leurs propositions en formats présentiel, hybride ou full remote devienne plus que jamais captivante. En passant par tous les obstacles protocolaires, sanitaires, sécuritaires, budgétaires, les invités doivent vivre une expérience hors du commun. » Qui impose encore le respect des gestes barrières. « Le port du masque est obligatoire dans notre domaine. Mais force est de constater que la distanciation commence à tomber : accolades, embrassades… Après, tout dépend des entreprises qu’on reçoit sur le site. Celles qui sont liées au médical sont davantage précautionneuses que d’autres dont les salarié·es ont moins de souci à se serrer la main ou à se faire la bise », observe Élodie Faugier.

Les confinements successifs imposés par la crise sanitaire confirment l’émergence de la dimension numérique, ce que Heavent illustre. « Les événements numériques vont avoir une résonance plus importante, décrypte Frédéric Pitrou. Certains collaborateurs, vont, à défaut de se rendre physiquement à un salon à l’autre bout du monde, suivre le contenu en distanciel. Évidemment, ils et elles ne pourront pas bénéficier de tout le off propre à chaque rendez-vous professionnel sous forme de déjeuners et de rencontres. »

Si certains organisateurs vont vouloir s’appuyer sur la même recette qu’avant covid, d’autres vont réfléchir à intégrer des dispositifs numérisés tout au long du processus de l’événement. « La crise sanitaire a permis de maintenir les relations grâce aux outils. Ce développement va se poursuivre parallèlement aux événements physiques », confirme Julien Salzer. jonathan nahmany

 

Heavent Paris, le plus grand salon événementiel en Europe

« La 20e édition s’annonce pleine de nouveautés et d’innovations », se félicite Arnaud Faucher, directeur du salon Heavent Paris, qui prendra ses quartiers du 23 au 25 novembre, Porte de Versailles. Durant ces trois jours, un riche programme attend exposants et visiteur·ses. « Tous les prestataires seront présents pour repenser les événements et les adapter aux nouveaux besoins. » Une multitude d’innovations présentées en avant-première, un village de 50 start-up, une zone numérique et nouvelles technologies encore plus grande, un village des designers d’espaces et de stands encore plus créatifs, des conférences (Que faut-il retenir de la crise et de la reprise ? Vers des contenus d’événements plus forts et plus performants, Travailler avec et pour les pouvoirs publics et l’administration, Les coulisses de 5 dispositifs événementiels par ceux qui les ont organisés…)… Enfin, le salon mettra à l’honneur les plus belles innovations dans le cadre des Vénus de l’innovation.

 

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