Les compagnies aériennes mondiales visent « zéro émission nette de CO2 » d’ici à 2050 !

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Un défi « audacieux » pour les compagnies aériennes, qui peinent toujours à redécoller après le fléau Sars-CoV-2.

Le pari se montre « audacieux ». Voire complètement fou pour les plus rabat-joie d’entre nous. Et pourtant, lundi 4 octobre à Boston, dans le cadre d’une réunion  de l’Association  internationale du transport aérien (Iata), les compagnies aériennes se sont bien engagées sur un objectif de « zéro émission nette de CO2 » à horizon 2050. Une mesure qui vise bien entendu à répondre à l’urgence du réchauffement climatique. Tous les détails.

De beaux objectifs pour oublier la parenthèse covid-19. On le sait, le transport aérien a souffert de la crise, ralenti voire complètement stoppé par les restrictions sanitaires successives auxquelles on fait face depuis de longs mois. En 2021, d’après les chiffres de l’Iata, les compagnies aériennes devraient accumuler une perte mondiale de plus de 50 milliards de dollars. En 2022, le secteur resterait toujours dans le rouge – avec une perte estimée entre 11 et 12 milliards de dollars. Mais l’Association anticipe déjà le retour à un trafic normal, voire plus fort dans les années et décennies à venir. Alors forcément, essentiel de revoir ses émissions.

Moins d’émissions mais pas de décroissance
« Pour nous, l’objectif principal est de continuer à croître, parce que ce n’est pas le trafic de passagers qui est l’ennemi, ce sont les émissions », rappelle le vice-président de l’Iata chargé de l’environnement et du développement durable, Sebastian Mikosz. Cela tombe bien puisque l’Association s’attend à plus de 10 milliards de voyages par an qui se feront en avion à horizon 2050. Soit un trafic multiplié par cinq sur la même période. Donc non, le transport aérien n’entend pas parvenir à la décroissance, il souhaite simplement réviser la façon dont il croît, et c’est déjà beaucoup.

Pour l’heure, l’aérien produit 0,9 milliard de tonnes de CO2 par an. Et selon l’Iata : en 2050, si rien n’est fait pour réduire l’empreinte carbone du secteur, ce niveau sera de 1,8 milliard. Et pire sur 30 ans, ce seraient 21,2 milliards de tonnes de CO2 qui seraient rejetées dans l’atmosphère. D’où l’urgence de réagir…

Comment y parvenir ?
Ce « défi technologique énorme coûtera environ 1 550 milliards de dollars aux compagnies aériennes entre 2020 et 2050 », estime l’Iata. Une des principales solutions pour éliminer les émissions de CO? utiliser des carburants d’aviation durables, soit les « sustainable aviation fuels (SAF) ! Lesquels permettraient d’atteindre déjà 65 % des objectifs. Problème, les SAF représentent aujourd’hui seulement 0,1 % du carburant d’aviation consommé. Des filières se mettent en place au Europe et aux États-Unis, mais à un rythme sans doute trop lent. De leur côté, Airbus et Boeing se sont engagés à ce que leurs avions puissent voler avec 100 % de SAF d’ici à 2030.

Sur les nouveaux avions électriques et à hydrogène, l’Iata considère qu’il ne faut pas tout miser sur cette solution, pas assez sûre, et qui participerait à hauteur de 13 %  –  à peine – à décarboner le secteur d’ici à 2050. Enfin, pour les compagnies chinoises, l’accord récent passé à Boston manque quelque peu de cohérence avec le gouvernement de Pékin, lequel vise une neutralité carbone d’ici à… 2060 ! Mais peu importe, l’objectif reste nécessaire afin d’assurer « la liberté de voler des générations futures ». GW

 

Journaliste-Chef de service rédactionnel. Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise...). Friand de football et politiquement égaré.

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