Le verbatim de… Véronique Varlin, directrice associée de l’Observatoire société et consommation

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Véronique Varlin est directrice associée de l’Obsoco, elle revient dans Ouest-France sur les transformations de la société de consommation.

La crise a-t-elle bouleversé la façon de consommer des Français·es ? Partagé·es entre une volonté de consommer mieux – et notamment local – et le désir de ne plus perdre du temps. Le télétravail constitue un gain de temps précieux pour éviter les redoutés transports du quotidien. La livraison de courses à domicile s’inscrit, elle aussi, dans cette obsession de tout avoir, et tout de suite.

Et quand une entreprise vous propose de livrer vos courses chez vous… en moins de 15 minutes (Cajoo pour ne pas les citer), forcément vous êtes tenté·e ! « Il y a une hypersollicitation des entreprises », remarque Véronique Varlin. La livraison à domicile, ou l’e-commerce, feront-t-ils disparaître les commerces physiques ? pas sûr. La tendance laisserait plutôt place à la complémentarité. Avec les achats réguliers, perçus comme une corvée, commandés en ligne, et les achats plaisir, réalisés au sein des magasins physiques.

Comment les Français font-ils leurs courses ?
L’e-commerce est minoritaire, les Français restent attachés aux commerces physiques. Mais il gagne du terrain, donc les acteurs traditionnels, même les petits commerces, sont obligés de s’engager dans la transformation digitale. D’autant que l’e-commerce a été propulsé par la crise sanitaire.

Pourquoi la livraison express (quick commerce) connait-elle un essor ?
Les courses du quotidien sont pour une quasi-majorité de Français perçues comme une corvée, un moment pénible. Particulièrement dans une époque où les modes de vies s’accélèrent, les temps de travail rallongent… Il y a chez les consommateurs une attente très forte de facilitation du quotidien, ils veulent éviter les contraintes, les temps d’attente.

« Tout, tout de suite », qu’est-ce que ça dit de notre société ?
Cette façon de raisonner ne vient pas d’une demande des consommateurs, mais plutôt d’une pression de l’offre. On voit bien que les consommateurs sont tiraillés : d’un côté, ils ont le désir de consommer mieux, en s’interrogeant sur la qualité, les modes de production, le social… Et de l’autre, il y a une hypersollicitation des entreprises, qui multiplient les innovations pour attiser le désir de consommer.

Ces start-up peuvent-elles signer la fin des commerces de proximité ?
D’après moi, Cajoo vient surtout concurrencer les petits formats de Monoprix, Franprix… mais pas les commerces de proximité spécialisés. C’est deux usages bien différents. Il y a une distinction qui s’opère dans l’esprit des clients entre le temps choisi et subi : des moments plaisir, où ils sont impliqués (en allant chez un petit producteur, un commerce spécialisé) et des moments où ils sont moins impliqués et veulent aller au plus vite (les courses « obligatoires », du quotidien).

Retrouvez l’intégralité de l’entretien mené pour Ouest-France ici

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