Le verbatim de… Luc Châtel, ex-ministre de Sarkozy

Temps de lecture estimé : 2 minutes

Temps de lecture constaté 2’30

Luc Châtel est président de la Plate-forme automobile, il revient pour Ouest France sur la nécessité pour l’automobile française à « rester dans la course », notamment celle de l’arrivée progressive des voitures électriques.

Pour la première fois, l’hybride a dépassé le diesel sur le marché européen. C’était au troisième trimestre 2020 : avec 20,7 %, la part de marché des véhicules hybrides a dépassé celle des voitures diesel sur le marché européen, estime l’Association des constructeurs européens d’automobiles (Acea). La première option reste toujours l’essence (39,5 %), tandis que la troisième est donc désormais le diesel (17,6 %). Face au constat, la France, aux premières loges, doit parfaitement négocier sa transition.

On le comprend au regard des chiffres, bien rares sont celles et ceux qui n’aspirent pas à une mutation vers des véhicules électriques ou hybrides. En revanche, si l’État n’intensifie pas suffisamment ses efforts pour mener au mieux cette transition, nous nous confronterons logiquement à des réticences auprès des particuliers. Mettre en place des bornes électriques de rechargement sur l’ensemble du territoire, entre autres, constitue une condition sine qua non pour accélérer le changement de comportement des automobilistes français·es. Comme le rappelle si bien Luc Châtel : « L’État s’était engagé à multiplier par cinq le nombre de bornes publiques pour atteindre les 100 000 en 2022. On est aujourd’hui en dessous des 50 000… », bien loin des ambitions affichées. GW

« Le passage à la motorisation électrique impose à l’industrie automobile la plus grande transformation de son histoire. En abandonnant les moteurs thermiques, on fait disparaître des décennies de savoir-faire et on remet les compteurs à zéro. La question est de savoir si la France, qui a inventé l’automobile, qui en a été l’une des grandes nations, peut encore rester dans la course.

La production d’un véhicule électrique nécessite six fois moins de pièces qu’un véhicule thermique. Des pans entiers de cette industrie sont menacés de disparaître, au premier chef les 60 000 emplois de la filière moteur thermique en France.

Comment rebondir alors ?
La France ne représente plus que 9 % de valeur ajoutée de l’industrie automobile européenne. Pour rebondir, nous devons conquérir 20 % de la production de batteries électriques en Europe, 25 % de la propulsion à hydrogène, 15 % des technologies de la voiture connectée…

Sur les 220 milliards d’euros qui seront investis dans l’industrie automobile du futur en Europe dans les cinq ans, la France a besoin d’en capter 17,5 milliards. L’État pourrait y contribuer à hauteur de 30 %. Mais pour que ces investissements se fassent, la France doit gagner en compétitivité. C’est pour cela que nous demandons la création de zones franches

Lorsqu’en 2018, nous avons signé un contrat de filière avec l’État, les constructeurs s’étaient engagés à multiplier nos ventes de véhicules électriques par cinq en cinq ans. Nous y sommes. L’État s’était, lui, engagé à multiplier par cinq le nombre de bornes publiques pour atteindre les 100 000 en 2022. On est aujourd’hui en dessous des 50 000. »

Retrouvez l’intégralité de l’entretien accordé à Ouest France ici

Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise...). Friand de football et politiquement égaré.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

J’accepte les conditions et la politique de confidentialité

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.