Le verbatim… du personnel médical français

Temps de lecture estimé : 2 minutes

Temps de lecture constaté 2’

« Depuis 20 ans, chaque gouvernement apporte sa pierre au rafistolage du modèle de 1945 »

Au cœur de la cinquième vague et à l’aube de l’élection présidentielle, les professionnels de santé s’inquiètent d’être les grands oubliés de la politique. Ils signent dans le journal Le Point une tribune pour faire de la santé un sujet prioritaire de campagne.

Les Français·es les ont applaudis en 2020 pour leur exceptionnelle résilience. Ils ont traversé quatre vagues et subissent la cinquième. « Le plan blanc sera probablement national dans les prochains jours », prévenait Olivier Véran, jeudi 9 décembre sur France 2. Une nouvelle fois, infirmiers, médecins et administratifs, vont être sur-sollicités pour lutter contre la covid-19, au point, peut-être, d’en oublier l’allégresse des fêtes de fin d’année. Du côté des politiques : du « soutien » pour récompense. Mais ce « soutien », réaffirmé à chaque allocution de l’exécutif, semble ne plus suffire. Il y a bien eu les accords du Ségur de la santé le 13 juillet 2020. Trop faible. Dans leur tribune, les professionnels du milieu médical évoquent même un « pansement pour prolonger la survie du système mais sans effet sur sa transformation ». Alors, ils en attendent beaucoup de nos candidat·es et futur·es candidat·es à l’élection présidentielle. Et à juste titre car l’expression « sortie de crise » – sanitaire – n’est pas d’actualité. Elle ne le sera peut-être même jamais. Le système de santé doit s’adapter à cette nouvelle normalité, mais pas sans moyens adaptés. MS

La fin de la politique sera le bien proprement humain », selon Aristote. Dans cette période très politique des six prochains mois, nous appelons tous les candidats à la présidentielle 2022 à inclure le bien proprement le plus humain, la santé, dans le débat démocratique.

Notre modèle de santé, pensé au milieu du siècle dernier, est en phase de délitement programmé, représentant un gâchis monumental de ressources humaines et une menace d’affaiblissement durable d’un pilier civilisationnel de la France. La crise de l’hôpital public est le miroir de la crise de l’ensemble de notre système de santé. Ayant été à l’épicentre du système de santé du XXe siècle, l’hôpital porte les stigmates les plus visibles d’une crise systémique qui s’étend et s’aggrave depuis plusieurs années.

La triple transition démographique, épidémiologique et technologique, en marche depuis le début du nouveau millénaire, impose la conception d’un nouveau modèle, qui s’inscrit dans la continuité, mais transforme structurellement le modèle actuel. Ce dernier s’effrite dans sa promesse d’un accès aux soins pour tous, ce qui n’est même plus suffisant pour bien protéger aujourd’hui. Le nouveau modèle de santé doit viser l’accès à la santé globale, dans tous ses déterminants médicaux et non médicaux, apporter une réponse personnalisée aux besoins de santé des citoyens et réussir la démocratisation de la santé.

Si nous lançons cet appel, c’est que, face à cette urgence, le risque est élevé que cette campagne politique fasse l’impasse sur ce thème. L’analyse des programmes des candidats déclarés et la teneur des premiers débats confirment ce risque.

Depuis 20 ans, chaque gouvernement apporte sa pierre au rafistolage du modèle de 1945

Le besoin de refonte du système de santé, de la formation des soignants et de l’université de la santé est à partager par tout le spectre politique, ce qui est loin d’être le cas. Depuis 20 ans, chaque gouvernement apporte sa pierre au rafistolage du modèle de 1945, préférant faire l’autruche face à la réalité. Le Ségur de la santé est un pansement pour prolonger la survie du système mais sans effet sur sa transformation.

Retrouvez l’intégralité de la tribune sur le site Le Point

1 COMMENTAIRE

  1. Comme L’Etat a industrialisé à l’excès des métiers à forte composante humaine, les dégâts se font sentir.

    La santé fait les mêmes frais que le « soin » aux exsalariés.
    POLE-EMPLOI, hôpital hyper-industrialisé continue de suivre ce chemin …

    le « numérique raisonné » finira-t-il par faire son apparition à l’hôpital ou au Pôle-emploi comme dans l’agriculture ???

    😉

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

J’accepte les conditions et la politique de confidentialité

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.