Le verbatim de…Friederike Röder, vice-présidente de Global Citizen

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« Dirigeant·es du G20, vous pouvez entrer dans l’Histoire.»

Les puissant·es de ce monde sont réuni·es à Rome, pour le sommet du G20 les 30 et 31 octobre 2021. Autour de la table, les grands décisionnaires et les grandes puissances de la planète. Celles et ceux qui ont le pouvoir du changement, la responsabilité de la transition de l’économie internationale. Qu’il s’agisse de politiques climatiques, de gestion de la crise sanitaire, de lutte contre la pauvreté et la famine, il incombe à cette poignée de « puissant·es » d’engager les bonnes manœuvres. Une conviction détaillée par Friederike Röder, vice-présidente de Global Citizen, une organisation internationale de lutte contre l’extrême pauvreté, dans une tribune pour Les Échos. Pour entrer dans l’Histoire avec un grand H, les dirigeant·es devront assumer leurs responsabilités. ABA

TRIBUNE
« Ce week-end s’ouvrira un grandiose ballet des nations à Rome. Il est l’heure, pour les plus riches de ce monde, d’entrer dans la danse pour apporter des solutions concrètes aux enjeux majeurs auxquels l’humanité est confrontée.

Force est de constater que toute décision prise lors de ce forum de gouvernance mondiale pèsera sur notre avenir. Les chiffres qui l’illustrent sont étourdissants : les pays du G20 constituent les deux-tiers de la population mondiale, représentent 85 % du PIB mondial, 75 % du commerce mondial ainsi que 80 % de l’investissement global.

Quatre priorités, ô combien primordiales, détermineront la capacité du monde à retrouver le chemin d’une relance verte et équitable après deux années de pandémie foudroyante.

Faire des vaccins contre la covid-19 un « bien public mondial »

Le monde est scindé entre les grandes puissances, qui s’apprêtent à injecter une troisième dose de vaccin à leur population, et les pays pauvres, qui n’en ont pas. Tandis que six milliards de doses de vaccins contre la COVID-19 ont été administrées à travers le monde, seuls 3 % l’ont été dans les pays à faible revenu, contre près de 70 % en France.

Il est temps que le G20 se fixe comme objectif de vacciner au moins 70 % de la population de chaque pays d’ici le milieu de l’année prochaine. Il incombe à ces dirigeants de publier les calendriers de livraison et de s’engager à livrer un milliard de doses de vaccin contre la COVID-19 d’ici la fin de l’année aux pays qui en ont le plus besoin.

Par ailleurs, les membres du G20 pèsent assez sur la scène internationale pour exiger que l’industrie pharmaceutique soit plus transparente. Combien de doses les laboratoires pharmaceutiques produisent-ils ? À qui ces doses sont-elles destinées, sous quelles conditions et à quel prix ? Quand les vaccins seront-ils livrés ?

Il est aussi primordial que le G20 comble le fossé qui divise les partisans d’une levée temporaire des brevets sur les vaccins contre la COVID-19 et ses détracteurs. Faire des vaccins contre la COVID-19 un « bien public mondial » n’est pas seulement une question de santé publique. C’est également un impératif moral et politique.

L’avenir de la planète ne devrait pas être une source de débat

Les pays du G20 sont les plus importants pollueurs de la planète, à l’origine des deux tiers des émissions de gaz à effet de serre. S’ils ne prennent pas, aujourd’hui, les mesures nécessaires pour réduire leurs émissions de CO2, le monde continuera de se réchauffer au-delà des 1,5 degré et les phénomènes météorologiques extrêmes décimeront des communautés entières.

Rappelons aux dirigeants du G20 que les pays pauvres sont les plus vulnérables au changement climatique alors qu’ils ne sont responsables que d’une infime partie des émissions de CO2. Après une décennie d’inaction, il est temps que les plus puissants de ce monde honorent leur engagement à mobiliser, enfin, 100 milliards de dollars par an pour aider les nations les plus démunies à lutter contre la crise du climat.

Pour parvenir à des émissions de gaz à effet de serre nulles d’ici 2050, les pays du G20 pourraient supprimer progressivement les subventions aux combustibles fossiles d’ici 2025, cesser toute construction de centrales électriques brûlant du charbon et s’engager à préserver, planter et restaurer 1 000 milliards d’arbres d’ici 2030. »

(…)

Retrouvez l’intégralité de la tribune ici

 

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