Le verbatim de… Cédric Comtet, directeur de recrutement de Clever Connect

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Les « troubles dys » ne sont pas un handicap pour l’entreprise

De manière générale, ce que l’on nomme les « troubles dys » restent méconnus par le grand public et les entreprises. Et, malheureusement, parfois discriminés à l’embauche et dans le monde du travail. Une ineptie ! D’autant plus qu’il apparaît, au gré d’études détaillées, que ces troubles cognitifs spécifiques révèlent des profils à fort potentiel. À condition de leur fournir un environnement adapté et créatif. Dans une tribune publiée par Maddyness, Cédric Comtet, directeur de recrutement de Clever Connect, l’affirme : les « trouble dys » sont tout sauf un handicap pour l’entreprise.

Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dysphasie… Les « troubles dys » sont désormais bien codifiés et connus. Et pendant trop largement ignorés en entreprise, bien que plus de 7 millions de personnes seraient concernées en France selon la Fédération française des dys. Qui dit manque de prise en compte dit mauvaise compréhension et appréhension de leurs particularités et de leurs apports potentiels. Car rencontrer des difficultés de lecture, d’orthographe, d’expression orale, de compréhension des consignes ou vis-à-vis des pratiques multitâches n’est pas un mur insurmontable. Loin de là. Parmi les grands noms de l’entrepreneuriat de ces dernières décennies se cachent des « dys » fameux : Steve Jobs et Henry Ford entre autres, ainsi que bien d’autres dirigeants et créateurs d’entreprises à succès planétaires. Les personnes « dys » ont énormément à offrir aux entreprises, il serait dommage de s’en priver. Penser « différemment » n’est pas qu’un handicap, c’est aussi une force. Certaines études révèlent notamment que des personnes dyslexiques présentent des capacités de traitement d’images et d’informations nettement supérieures à la moyenne. D’où leur surreprésentation dans les métiers d’architectes et d’ingénieur.

Globalement, les mentalités évoluent et les entreprises tendent vers une meilleure intégration des « dys ». Mais cette intégration ne peut être prise à la légère. Elle doit être raisonnée, préparée et suivie. Consignes claires, accompagnement réel et environnement de travail aménagé, autant d’indispensables que toute entreprise doit pouvoir procurer facilement. Pour faire de la différence et de la diversité une force supplémentaire. ABA

TRIBUNE

« Anomalie », « mauvais fonctionnement », « difficulté », voilà ce qu’évoque le suffixe dys en grec ancien. Autant de qualificatifs que l’on accole rarement à des personnalités radicalement brillantes de notre histoire commune. Steve Jobs, Richard Branson, Henry Ford, les fondateurs d’IBM, de General Electric et d’Ikéa auraient partagé les mêmes handicaps invisibles ! Les troubles spécifiques du langage et des apprentissages, appelés aussi « troubles dys ».

Les troubles « dys », handicaps méconnus
Reconnaître que des personnes ont un cerveau qui fonctionne différemment plutôt que présentant un problème, un trouble, voilà résumé le principe de la neurodiversité. Développé par Judy Singer, psychologue et sociologue australienne, le concept rejoint celui des profils dits neuroatypiques. Parmi eux, les personnes atteintes de « troubles dys » . Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dyspraxie, dysphasie sont autant de difficultés à lire, orthographier, calculer, s’orienter dans l’espace, parler… Comprendre une consigne, réaliser plusieurs tâches en même temps peut ainsi demander beaucoup d’efforts. Dans notre pays, plus de 7 millions de personnes sont concernées estime la Fédération française des dys. Une réalité trop largement ignorée en entreprise.

Quels sont les obstacles rencontrés au travail ? Ils peuvent être variés selon les troubles, les situations rencontrées, les tâches à effectuer. Ainsi, une personne ayant des difficultés de lecture et d’orthographe (dyslexique et dysorthographique) peut rencontrer des difficultés à l’écrit. Faire beaucoup de fautes d’orthographe est bien souvent synonyme d’échec, d’incapacité à réaliser une mission simple comme envoyer un mail à un partenaire, un client. Par ailleurs, la difficulté à lire peut aussi alimenter des préjugés de paresse, de lenteur. À l’heure où les entreprises accordent une grande importance à l’écrit et à la lecture dans leurs tâches quotidiennes comme dans leurs procédures de recrutements, il paraît difficile pour les personnes atteintes de « troubles dys » de ne pas se heurter à un mur. Pourtant, elles possèdent tellement de talents, de qualités à offrir à l’entreprise.

« Dys » : quels atouts pour l’entreprise ?
Penser différemment, voir le monde autrement, avoir une appréhension particulière de l’espace et du temps. Les personnes atteintes de « troubles dys » réfléchissent donc de façon atypique ! Les progrès scientifiques dans les neurosciences, ainsi que les retours d’expériences dans certains pays ont mis au jour des facultés tout à fait hors du commun. Ainsi, une étude (Brazeau-Ward, L. (2005). La dyslexie et le milieu du travail. Ottawa, Canada : Centre canadien de la dyslexie) a montré que les personnes dyslexiques sont capables de traiter entre 1 500 et 4 000 images par seconde contre 150 pour la plupart des personnes. Des aptitudes visuelles renforcées par une faculté d’appréhension multidimensionnelle. Ce n’est donc pas par hasard qu’on les retrouve souvent dans des métiers d’architecte ou d’ingénieur.

Et si la NASA cherche à recruter des dyslexiques, c’est pour leur capacité à résoudre des problèmes et leur perception spatiale en trois dimensions. Reconnus pour leur grande capacité de travail, leur ténacité, mais aussi pour leur créativité et leur qualité de chef d’équipe, les dyslexiques bénéficient aux États-Unis de multiples aménagements leur permettant d’être mieux intégrés.

En France, si les mentalités évoluent, trop d’entreprises se privent des précieuses capacités cognitives des personnes « aux profils dys ».

Retrouvez l’intégralité de la tribune ici

 

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