Langues étrangères, un pari – toujours d’actualité – pour développer son employabilité !

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Pierre Cerchiaro, responsable France d’Amazing Talker

Sur le marché du travail, parler une langue étrangère permet-il encore de se démarquer de ses concurrent·es ?

Brainstorming, benchmark, ASAP, calls ou full remote. Liste non exhaustive. La langue anglaise a envahi toutes les entreprises tricolores qui entendent se développer à l’international ou qui – tout simplement – se prétendent résolument modernes. Mais à l’heure où l’on a le sentiment que tous·tes les collaborateur·rices maîtrisent la langue de Shakespeare – voire d’autres langues étrangères – un·e candidat·e polyglotte se démarque-t-il·elle encore aujourd’hui ? Développer son employabilité grâce aux langues, cela a-t-il encore du sens ? avec le témoignage de Pierre Cerchiaro, responsable France d’Amazing Talker.

Aucun·e candidat·e qui postule à une offre d’emploi n’y échappe. Marqué d’un « intermédiaire », « avancé » ou « débutant », le niveau de langue des postulant·es attire toujours autant l’attention des employeurs. Sans doute même plus aujourd’hui : « Bien sûr tous les postes ne requièrent pas le besoin de maîtriser à tout prix une langue étrangère, mais pour celles et ceux qui aspirent aux marchés internationaux ou qui souhaitent voyager, l’apprentissage des langues reste un grand atout », nous confie Pierre Cerchiaro, d’Amazing Talker, une plate-forme qui met en relation des professeur·es certifié·es et des étudiant·es de tous âges pour des cours particuliers en ligne.

L’anglais reste numéro 1 !
Et pourtant, dans une société où tout le monde, ou presque, semble parler une langue étrangère – du moins les bases – c’est d’autant plus essentiel d’en maîtriser, soi-même, au moins une. « Vous vous démarquez toujours en parlant plusieurs langues auprès des employeurs », assure Pierre Cerchiaro. Moins qu’avant, c’est indéniable. Mais à l’inverse : plus nombreux·ses seront les polyglottes, plus vous serez écarté·e si vous, vous ne maîtrisez pas telle ou telle langue. La stigmatisation s’accentuera. Reste à savoir ce que signifie « parler une langue étrangère », beaucoup de Français·es « s’en sortent très bien à l’écrit lorsqu’il s’agit de rédiger des mails ou des rapports en anglais par exemple, ils·elles sont déjà moins nombreux·ses à être à l’aise à l’oral, à l’ère de la généralisation des visioconférences », constate notre amoureux des langues.

L’anglais, c’est vraiment la langue commune à l’ensemble des collaborateur·rices

Sur quelles langues miser à l’avenir ? « On entend beaucoup parler du chinois, en réalité l’anglais reste le numéro 1, lance le responsable France d’Amazing Talker, je travaille en Asie et je peux vous dire qu’ici les étrangers·ères parlent anglais, l’environnement de travail est anglophone, c’est vraiment la langue commune à l’ensemble des collaborateur·rices », décrit Pierre Cerchiaro. Qui voit aussi, sur sa plate-forme, une forte demande pour le coréen et le japonais, avant tout des passionné·es qui souhaitent rejoindre les deux pays pour y vivre. Mais l’anglais reste une demande qui émane des entreprises, « je crois aussi que l’arabe se développera fortement à l’avenir dans le milieu professionnel », estime Pierre Cerchiaro. Les Français·es se retrouvent aussi sollicité·es par des entreprises internationales en vue de mettre à profit leur langue maternelle.

Bons en tout, moins bons partout ?
Toujours plus de langues, au détriment d’une parfaite maîtrise de la langue française ? Le baromètre Voltaire-Ipsos, publié fin octobre, a révélé que pour 86 % des recruteurs, la maîtrise de l’expression écrite et orale et de l’orthographe est devenue fondamentale, car les fautes des salarié·es coûtent trop cher à l’entreprise. Non pas de langues étrangères mais du français !

La fluidité à l’oral comme à l’écrit de sa langue maternelle est un enjeu de crédibilité dans la vie professionnelle

De là, près de 76 % des managers font face, au quotidien, aux lacunes de leurs équipes en français. « Parler plusieurs langues n’a pas d’impact sur la maîtrise de sa propre langue –même s’il peut arriver qu’on cherche ses mots un peu plus souvent – cependant  le poids du numérique dans nos vies où l’on écrit vite et de façon spontanée a bien plus d’influence sur notre qualité de français », pointe notre expert, lui-même polyglotte. Et les jeunes sont principalement concernés. Or la fluidité à l’oral comme à l’écrit de sa langue maternelle est un enjeu de crédibilité dans la vie professionnelle car vous « représentez une entreprise ». Les langues étrangères, elles, ne revêtent pas ce gage de crédibilité mais de distinction, pour un·e candidat·e qui s’inscrit dans une démarche de recherche d’emploi.

Geoffrey Wetzel

Journaliste-Chef de service rédactionnel. Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise...). Friand de football et politiquement égaré.

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