Elizabeth II, unanimement adulée

Elizabeth II fête ses 70 ans de règne

Temps de lecture estimé : 2 minutes

La reine britannique fêtait, en juin, ses 70 ans à la tête du Royaume-Uni.

Son arrière-arrière-grand-mère, la reine Victoria, avait connu le jubilé de diamant – l’équivalent d’au moins 60 ans de règne.  C’était entre 1837 et 1901. La reine Elizabeth II, elle, fêtait ses 70 ans de règne à la tête du Royaume-Uni. Soit, pour les Britanniques, son jubilé de platine. Un anniversaire pas comme les autres, qui donnait lieu à quatre jours de festivités, entre le 2 et 5 juin, et un mélange de concerts, parade militaire, course équestre, etc. Sans doute le minimum syndical pour Sa Majesté.

Une longévité record. Voilà ce qui caractérise en premier lieu la reine Elizabeth II. Et pour preuve, elle a vu défiler pas moins de dix présidents français : Vincent Auriol, René Coty, Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Emmanuel Macron. Seuls Mitterrand et Chirac ont été accueillis par Elizabeth II au Royaume-Uni, respectivement en 1992 et 2004.

Une forte cote de popularité

87 % des Britanniques n’ont connu qu’Elizabeth II comme reine. C’est en tout cas ce qu’il ressort d’une estimation faite à partir du recensement de la population britannique en 2018 (données Office National Statistics). Respectée, la reine d’Angleterre n’en n’est pas moins admirée, adulée. Elle s’invite comme le membre le plus populaire de la famille royale. En outre les trois quarts des Britanniques ont une opinion favorable d’Elizabeth II – le chiffre grimpe même à 91 % pour les baby boomers, soit les personnes nées entre le milieu des années 1940 et le milieu des années 1960. Derrière, le prince William récolte 66 % d’opinions favorables, Kate Middleton plafonne à 60 %.

Indéniable, la reine Elizabeth II fait l’unanimité. Au-delà aussi des frontières britanniques. Personne ne déteste la reine Elizabeth II, du moins personne n’oserait le dire. Pas d’ennemis mais des alliés, dont la France et Emmanuel Macron : « Vous êtes le fil d’or qui lie nos deux pays, la preuve de l’amitié indéfectible entre nos nations […] Vous êtes notre amie, notre si proche alliée, notre exemple de service aux autres. Vous célébrer aujourd’hui, c’est célébrer l’amitié sincère et profonde qui unit nos deux pays et Votre dévouement pour la servir », s’exprimait, en juin, le chef de l’État français.

Symboliquement puissante

Le pouvoir de la reine était avant tout symbolique. Certes. Mais il n’empêche que Sa Très Gracieuse Majesté règne sur quinze pays, avec en plus du Royaume-Uni : l’Australie, Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, le Belize, le Canada, Grenade, la Jamaïque, la Nouvelle-Zélande, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint Vincent-et-les Grenadines, les Îles Salomon et Tuvalu. Bref, des pays qui constituent soit des royaumes du Commonwealth, soit d’anciennes colonies britanniques. Résultat, Elizabeth II règnait sur 135 millions de sujets, répartis aux quatre coins du monde.

Surtout, la native de Londres, qui soufflait sa 96e bougie en avril, profitait de quelques privilèges, plus croustillants les uns que les autres. À titre d’exemple, la reine d’Angleterre pouvait, légalement, conduire une voiture sans avoir le permis de conduire. Elizabeth II a tout de même appris à conduire, durant la Seconde Guerre mondiale, mais sur le papier, elle pouvait s’en affranchir, tout comme… le passeport ! Sa Majesté en est exemptée, contrairement aux autres membres de la famille royale. On ne demande pas à la reine d’Angleterre ses papiers, voyons. Autre anecdote, abracadabrante, Elizabeth II possédait tous les cygnes de la Tamise – un privilège rappelé lors de Swan Upping, la cérémonie de recensement de ces volatiles. En plus des cygnes, des esturgeons ou encore des marsouins appartenaient à Elizabeth II, grâce à une loi établie sous le règne d’Edward II.

Last but not least, Elizabeth II avait son poète personnel, en l’occurrence Simon Armitage, professeur de Leeds et d’Oxford – lequel succédait en 2019 à Carol Ann Duffy, première femme à occuper cette fonction. Un tas de privilèges, qu’ils soient justifiés ou non, parfois insolites, contre lesquels le peuple britannique n’a jamais pensé s’insurger. « Elizabeth II dépassera-t-elle la longévité du règne de Louis XIV ? », nous demandions-nous en juin. Hélas, le monde entier apprenait, jeudi 8 septembre, le décès de Sa Majesté, âgée de 96 ans. Elizabeth II est, et restera, un symbole.

Journaliste-Chef de service rédactionnel. Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise, etc.). Friand de football et politiquement égaré.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

J’accepte les conditions et la politique de confidentialité

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.