La fintech Spayr veut dynamiser l'idée d'un salaire versé à la demande !

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Qui ? Spayr
Quoi ? une fintech qui permet aux salarié·es d’être payé·es sur demande sans attendre la fin du mois

Voilà plus de deux ans que le Sars-CoV-2 a piqué sa crise. Voilà plus de deux ans que les salarié·es s’interrogent sur leur vie professionnelle. De cette pandémie découleront télétravail, accélération du marché des freelances, reconversions en masse vers des métiers davantage porteurs de sens. La flexibilité s’invite comme la grande gagnante de la pandémie. Et le salariat n’y échappe pas. Après le paiement fractionné, le salaire fractionné se fraye un chemin en France via, notamment, la fintech bretonne Spayr.

Panne de voiture, frais de santé à avancer, cadeau d’un ami… nombre de Français·es se retrouvent coincé·es le 20 voire le 15 du mois sans pouvoir financer un imprévu. Spayr, fintech fondée en 2020 par Paul Riché, Louis Ajacques et Pierre Olive, compte bien redonner du pouvoir d’achat aux ménages français – thème phare des politiques lors de l’ultime élection présidentielle car principale préoccupation du pays. Pas de hausse de pouvoir d’achat, mais une plus grande souplesse. Chaque jour travaillé donne la possibilité de retirer son dû, soit une partie de son salaire. Une manière de lisser les revenus dans le mois.

Éviter les frais bancaires liés aux découverts

« L’argent que vous avez gagné vous appartient », lance Paul Riché, l’un des fondateurs. Rien de plus logique alors à ce que vous puissiez le retirer, sans attendre le 30 du mois. Du bon sens, du moins dans d’autres pays comme les États-Unis, car en France la pratique met du temps à se dessiner. Passé par le salariat, Paul Riché a perçu les failles d’un système qui peinera, de plus en plus, à séduire s’il ne fait rien pour se renouveler. Alors, grâce à une application simple, pas besoin d’être freelance pour accéder à une partie de son salaire. Le service est gratuit pour les salarié·es, payant pour les entreprises – pour notamment financer les outils technologiques et l’instantanéité des virements. Une dizaine d’entre elles font, pour l’heure, confiance à Spayr.

Louis Ajacques, Paul Riché et Pierre Olive

Surtout, Paul et sa bande veulent soulager les collaborateur·rices des frais bancaires liés aux découverts. À titre d’exemple, près d’un·e Français·e sur deux a été au moins une fois dans le rouge en 2021 – selon une étude réalisée par le comparateur Panorabanques. Paul Riché, lui, avance même le chiffre d’une personne sur quatre qui se retrouve à découvert chaque mois, pour un montant moyen de 230 euros. Derrière, les banques se régalent à coups d’agios, « environ 7 milliards d’euros par an » estime Paul Riché. Un montant confirmé par l’UFC Que Choisir sur des données de 2017. De là à dire que les banques ne voient pas d’un bon œil l’arrivée de Spayr ?

« Les entreprises doivent assumer leur responsabilité sociale »

Parmi les entreprises clientes de Spayr, beaucoup font partie du secteur de l’hôtellerie-restauration. Des métiers peu attractifs et dont les conditions de travail peinent à s’améliorer. Alors la moindre souplesse, d’autant plus lorsqu’elle touche directement à la rémunération, soulage les serveur·es, par exemple, les plus précaires. En moyenne, les salarié·es retirent une centaine d’euros au cours du mois. Pas question de consommer son salaire intégral avant la fin du mois, « notre système constitue plutôt un coup de pouce financier en cas de besoin », précise le jeune entrepreneur passé par l’EM Lyon.

Paul Riché le sait, « on n’a rien inventé car la pratique se révèle déjà très courante au sein de pays anglo-américains, c’est culturel, nous en France le système de rémunération n’évolue pas depuis plusieurs décennies », rappelle le jeune homme originaire de Paris. Pour lui, « les entreprises doivent assumer leur responsabilité sociale » pour redonner du pouvoir d’achat aux collaborateur·rices. L’֤État n’a pas ce monopole. Et payer les salarié·es en temps réel rassérène les travailleur·ses les plus en difficulté. Celles et ceux qui ne parviennent pas à « joindre les deux bouts ». Une expression que Spayr tente de faire voler en éclats. La fintech vise entre 50 et 100 clients d’ici au mois de décembre, en se concentrant, dans un premier temps, sur le marché français. En 2022, le rapport de force sur le marché du travail tend à s’équilibrer entre employeur et salarié·es. Donnant-donnant.

Journaliste-Chef de service rédactionnel. Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise...). Friand de football et politiquement égaré.

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