Les chef·fes d’entreprise rééliront Macron

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Avec 43 % d’intentions de vote chez les entrepreneur·es, le président sortant ne doit craindre qu’une chose, la montée du racisme et du machisme dans ce pays incarné par la tentation Zemmour. À enrayer dans les cinq années à venir.

Olivier Magnan, rédacteur en chef

Parmi les « marronniers », ces questions récurrentes qui poussent sur les unes des newsmagazines, revenait tous les cinq ans la question : les entrepreneur·es votent-ils·elles à droite ou à gauche ? À 125 jours du scrutin 2022, la question n’a plus cours : elle est devenue, voteront-ils·elles Macron ou (un peu) à droite ? Avec cette option subsidiaire, à droite ou un peu plus vers l’extrême ? Exit le vote des « patron·nes de gauche » : aucun candidat ne dépasse les 5 % d’intentions chez les entrepreneurs (Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon à 3 %, Anne Hidalgo à 2, Montebourg embourbé dans ses bourdes, du « zéro mort » à Tchernobyl aux transferts d’argent des immigrés, tangente le zéro…).

L’époque des patrons à droite toute est révolue. Il n’existe plus de « droite toute ». Emmanuel Macron, mi-gauche mi-droite ou ni gauche ni droite, a réussi ce tour de force impensable dans la France coupée en deux et vouée à l’alternance (qui n’a jamais démontré que les deux idéologies constituaient de vrais renversements) de vider la droite conservatrice et la gauche faussement révolutionnaire de toute légitimité. Plus fort encore, il n’incarne pas un président du centre : en diluant droite et gauche dans un régime présidentiel aussi macroniste que fut le régime gaulliste, il a détruit l’idée même de centre. Que n’incarne même plus un Bayrou bégayant.

Parti en soi, le président Macron caracole en tête des sondages des entrepreneur·ses : 43 % d’intention de leurs votes au 1er tour, + 11 points par rapport à son élection de 2017 ! Vive la crise, pourra-t-il dire in petto si la logique des intentions tient encore 125 jours : sa gestion tout entière tournée vers la survie des boîtes et des commerces, à coups de prêts, de reports et d’injections, sur les plans national et européen, n’est pas seulement un ticket cher payé pour sa réélection : elle était la seule voie possible, incarnée par des hommes de droite convertis au pragmatisme, Bruno Le Maire et Alain Griset (au plan PME salvateur). La dette qu’il s’agit d’affronter désormais n’est pas même un sujet : elle se dissoudra dans l’élan économique préservé (la création monétaire n’est que cela, une création ex nihilo, détruite par les profits revenus).

La droite dite républicaine de façon usurpée fait semblant d’exister encore à coups de psychodrames dérisoires, la désignation d’une candidate – Valérie Pécresse – promise au laminoir. Reste la poussée zemmourienne chez les chef·fes d’entreprise, sensible, qui n’a rien à voir avec un quelconque espoir de voir leurs intérêts d’entrepreneur·ses soutenus par celui qui incarne racisme et machisme sans complexe : il existe des tentations de la sorte chez les patron·nes comme dans le corps électoral.

Macron sera réélu, sauf catastrophe sanitaire qu’il n’est pas même sûr de devoir endosser. Il lui faudra alors se souvenir (ce lui sera facile) ce qu’il doit à l’électorat des créateurs de richesses de ce pays. Tout en se souvenant qu’un pays prospère ne doit plus tolérer précarité, détresses sociales ou métiers essentiels mal payés (moins facile).

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