Formation, qualité de vie et environnement

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Au sortir d’une crise, face à une reprise, la société française au travail veut se défaire d’une emprise.

Olivier Magnan, rédacteur en chef

Il se joue, dans ce pays, un psychodrame qui laissera des traces. Pas forcément négatives. Au moment d’une reprise économique qui réjouit tout le monde (peut-être à tort sur une planète finie qui ne rime plus avec croissance infinie), les employeurs en quête de personnels – restauration, hôtellerie, BTP, Ehpad les premiers, mais d’autres secteurs sont en demande, à commencer par la santé – ne savent plus où se tourner : cherche serveurs, cuisiniers désespérement. 50 000 postes restent non pourvus dans l’hôtellerie et la restauration. Ce ne sont pas les chômeurs qui manquent, s’exclame la sagesse des nations, « ils » n’ont qu’à bosser. Emmanuel Macron n’est pas loin de penser en ce sens. La réforme de l’assurance chômage qui réveille les syndicats s’établit sur le principe qu’il brandit en toute occasion : un chômeur ne doit pas gagner autant que s’il travaillait. Sans doute, mais la nature du travail même est en train de changer.

En abordant de front L’impossible défi de la formation, titre-couverture du prochain numéro d’ÉcoRéseau Business à partir du 7 octobre en kiosques, nous analysons sans fard causes, solutions, sur fond d’analyses des meilleurs spécialistes. « Dans la restauration et ce type de métiers, les opportunités d’évolution sont faibles et les parcours de compétences peu valorisés. Durant ces 30, 40 dernières années, nos gouvernants n’ont jamais considéré ces métiers comme prioritaires. Pour eux, ils sont jugés moins stratégiques », constate Olivier Meier, chercheur et auteur. À telle enseigne que les instances patronales de la restauration, entre autres secteurs, se disent prêtes à des aménagements d’horaires et à des augmentations salariales. Au nez et à la barbe des syndicats.

Même effet chez les adeptes du télétravail dont une grande part rechigne à revenir au bureau dans les conditions d’avant. D’autant plus que la productivité à domicile aurait eu tendance à prouver l’efficacité de journées sans transport. Une enquête parlante dans ce même numéro dépeint les efforts de DRH confrontés à des salarié·es qu’il faut remotiver comme des scolaires pour les inciter à revenir, et dans des bureaux recloisonnés, par peur des open spaces !

Alors oui, le « bien-être » revendiqué après deux ans de confinements, passes sanitaires et fuites hors des métropoles va bousculer considérablement le vieil ordre des choses qu’une main-d’œuvre versatile et exigeante est en train de remettre en cause. Non seulement les générations X, Y entrevoient un autre mode de vie, mais les cadres en place eux·elles-mêmes mettent des conditions à leur retour.

C’est ce paradigme, loin de simples revendications syndicales, que le prochain quinquennat va devoir prendre en compte, qui n’est peut-être pas si étranger à l’autre défi majeur de la transition climatique.

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