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Le monde encore libre somnole face aux agressions physiques, climatiques et morales. Pensons plus vite.

Olivier Magnan, rédacteur en chef

La guerre d’Ukraine ne fait plus la une de nos journaux.

C’est un terrible constat. Les souffrances du peuple ukrainien et l’héroïsme désabusé de Volodymyr Zelenski sont passés au second plan d’un monde où, aux États-Unis, un gamin tue pour venger des traumatismes et où en France les micros-trottoirs interrogent des vacanciers heureux du beau temps.

Bien sûr, une information chasse l’autre. Mais les médias doivent-ils banaliser la guerre sauvage d’un despote à un lancer de missile de presque toute l’Europe ? Tout se passe comme si les démocraties molles avaient fait le service minimum : des paroles, des armes, des « sacrifices » énergétiques. Après, on verra. On verra comment Poutine, que l’on espérait au bout du rouleau, va enkyster une guerre permanente, destructrice de tout ce qu’il ne peut voler. Quitte à ce que, au terme d’un voyage au bout de la nuit, la Russie garde ses silos nucléaires dressés dans un champ de ruines. Nous aurons perdu cette guerre alors que la mère des batailles, la transition climatique, devrait rester le grand combat d’une espèce qui continue à s’autodétruire…

Cette façon de « plomber » la semaine n’est pas dans les gènes de nos publications qui se donnent pour mission de décrypter la dynamique d’un monde positif. Mais il faut parfois appeler une somnolence une démission. Bien sûr, des millions de gens entreprennent avec succès, un (trop) lent mouvement de cristallisation des nouvelles bonnes pratiques écologiques va soudain faire émerger – dans les pays qui en ont les moyens – des comportements et des productions universels capables de changer nos modèles économiques. À Paris, une Première ministre que l’on dit bosseuse et méthodique va amorcer le lent virage de l’erre du paquebot.

Mais tout tient dans ce qualificatif de « lent ».

Les guerres que nous menons sont trop lentes face aux dictateurs prompts à tirer, face aux phénomènes accélérés du climat, face aux adaptations de nos modèles économiques.

Le message de cette lettre de plomb : pensons plus vite, pensons mieux que les unes des journaux tournés vers les matchs de tennis. Gardons cette volonté de changer chaque jour le geste qui aggrave les pollutions et consomme l’énergie, restons attentifs à rester en éveil, tautologie assumée.

Entreprendre n’est pas toujours créer une boîte. Entreprenons-nous.

Le doyen de la tribu. Ai connu la composition chaude avant de créer la 1re revue consacrée au Macintosh d'Apple (1985). Passé mon temps à créer ou reformuler des magazines, à écrire des livres et à en traduire d'autres. Ai enseigné le journalisme. Professe l'écriture inclusive à la grande fureur des tout contre. Observateur des mœurs politiques et du devenir d'un monde entré dans le grand réchauffement...

1 COMMENTAIRE

  1. La vitesse et l’impulsion (moteur de l”économie consumériste et numérique) sont elles solubles dans le responsable et le durable ?

    Certes il ne faut pas ou plus lambiner…

    “s’entreprendre”, c’est se prendre en main avec les autres.

    Entre l’optimisme qui fait la sève montante d’Ecoréseau, la dramaturgie et la peur qui fait l’audience d’autres média, il y a une place pour l'”intelligence entrepreneuriale” que nous traitons lors de nos travaux et Assises de la fnpae.org.

    Les tous prochains mois vont être passionnants pour certains journalistes et éditeurs de presse .

    Oser parler vrai sans faire fuir ou fatiguer le lecteur (et l’annonceur …)
    Oser parler confiant pour maintenir les énergies mobilisables

    Dans notre société binaire depuis l’avènement du marketing publicitaire et politique boosté à “l’industrialisation des processus” puis l’informatique puis au tout-numérisme, relisons nos bons vieux livres de management participatif et social et penseurs tels Edgard Morin.

    Ils ont désormais la saveur particulière de démontrer ce qui arrive quand … on ne fait que les lire 😉

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