Les PGE ont pansé les plaies du manque d’activité en soulageant la trésorerie

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Depuis mars 2020, les PGE ont abouti à plus de 145 milliards d’euros de prêts octroyés par les banques.

Le conflit russo-ukrainien a invisibilisé la pandémie covid-19. Alors que les restrictions sanitaires s’adoucissent peu à peu en France – il faudra patienter jusqu’au 14 mars pour la levée du passe vaccinal – l’heure est venue de faire le point sur les fameux prêts garantis par l’État (PGE), la pierre angulaire du « quoi qu’il en coûte » cher à Emmanuel Macron, désormais officiellement candidat pour sa propre succession. À l’arrivée, les PGE auraient eu un coût modéré pour l’État, estime le Trésor.

Ils ont constitué la principale bouée de sauvetage pour les entreprises les plus en difficultés au cours de cette longue parenthèse Sars-CoV-2. Pour pas mal de sociétés, les PGE ont véritablement pansé les plaies du manque d’activité en soulageant la trésorerie. Pour d’autres, ils s’apparentaient plutôt à un coup de pouce, un confort supplémentaire « au cas où » l’état financier de l’entreprise venait à flancher. Pour que les banques n’accordent pas des prêts à l’aveugle, la garantie de l’État a été fixée entre 70 et 90 %  – pas de risque nul donc pour les banques, mais un risque clairement amoindri.

5 % des entreprises estiment qu’elles auront du mal à rembourser

Depuis mars 2020, plus de 700 000 entreprises ont pu bénéficier des PGE. Ce qui représente, à fin 2021, environ 145 milliards d’euros de prêts octroyés, chiffre une nouvelle note d’analyse de la Direction générale du Trésor parue jeudi 3 mars. « Si les bénéficiaires de PGE ont vu leur endettement augmenter, ils ont également connu une forte augmentation de leur trésorerie, gardant ainsi un endettement net assez stable en général », précise l’étude.

Fallait-il dépenser sans compter durant ces longs mois de pandémie ? Le temps y répondra. Mais les entreprises, elles, ne sont pas si inquiètes quant au remboursement de leur prêt. En outre seules 5 % des entreprises considèrent qu’elles auront des difficultés à rembourser leur PGE. La Banque de France s’attend à un taux de perte brut de 3,1 %, soit un coût de 4,6 milliards d’euros pour l’État – sur la base d’un encours total final de 150 milliards d’euros. Si on raisonne en termes de perte nette – car l’État reçoit aussi des primes de garanties versées par les banques en fonction de la taille de l’entreprise et de la durée du prêt – le chiffre retombe à 1,4 milliard d’euros. Soit un coût très modéré pour l’État.

Fin 2021, 11 % des PGE totalement remboursés dès la première année

« Le gouvernement a ainsi décidé de permettre des étalements de PGE au-delà de la durée maximale de vie du prêt de six ans », rappelle le Trésor. Bref, les modalités de remboursement, on le répète, ont été assouplies. Pour les TPE-PME, elles bénéficient d’une procédure spécifique qui leur permettra d’étaler leur PGE sur une durée « pouvant aller jusqu’à dix ans, et dans certains cas, de bénéficier d’un différé supplémentaire de six mois avant le paiement des premières échéances ».

Pour rappel, fin 2021, 11 % des PGE ont été remboursés totalement, dès la première année donc. Alors que 72 % d’entre eux ont été étalés sur 5 ans ! Pour l’heure – attendons de voir les conséquences du conflit en Ukraine – le « quoi qu’il en coûte » n’a pas les répercussions apocalyptiques auxquelles s’attendaient certain·es expert·es, un bon point pour le président Emmanuel Macron, à un peu plus d’un mois du premier tour de l’élection.

Journaliste-Chef de service rédactionnel. Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise, etc.). Friand de football et politiquement égaré.

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