Défaillances d’entreprises : attention à 2022 !

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« Les redressements judiciaires de PME de 10 à 19 salariés grimpent de 30 % »

Malgré les bons résultats globaux, les TPE et PME se trouvent en difficulté au troisième trimestre 2021 selon le cabinet d’experts Altares. Il en va de même pour certaines activités qui paraissent sombrer malgré la potentielle sortie de crise sanitaire. De quoi s’inquiéter pour l’année à venir ?

5 311 défaillances d’entreprises au 3e trimestre 2021. Le chiffre est en recul de 20,8 % par rapport à la même période l’année précédente selon le cabinet Altares. Mais il ne faut pas crier victoire trop vite. « Depuis le printemps 2019, soit un an avant le début de la crise sanitaire, le nombre des défaillances d’entreprises recule chaque trimestre. Un vaccin contre la défaillance aurait-il été trouvé ? », interroge Thierry Millon, directeur des études Altares. « Rien n’est moins sûr », poursuit-il.

Avec la fin du « quoi qu’il en coûte », 2022 pourrait réserver de bien mauvaises surprises. Déjà, l’étude sur les défaillances et sauvegardes des entreprises en France au 3e trimestre, publiée en janvier, note quelques fragilités. Les « PME, encore épargnées au 2e trimestre 2021, présentent désormais des signes d’alerte », note le rapport. Les procédures collectives sont en hausse de 2,9 % par rapport à septembre 2020. Il en va de même pour les procédures judiciaires qui augmentent de 30 %. Quant aux sauvegardes, elles « s’effondrent de 28 % », déclare Altares.

Un dernier trimestre déterminant
Les TPE ont fait l’objet de 159 procédures de sauvegardes au 3e trimestre, soit une augmentation de 2,6 % en comparaison avec le 3e trimestre 2020. Les redressements judiciaires et liquidations judiciaires directes sont en baisse de 11,9 % et 24 %. Toutefois, « le taux de liquidations directes reste très élevé (75 %) », précise l’étude.

« Au 3e trimestre 2021, les défaillances apparaissent encore en fort recul dans la quasi-totalité des secteurs », assure Altares. Mais de préciser que certaines activités montrent des signes de faiblesses comparé à 2020. – 20,8 % de défaillances pour le bâtiment certes, mais les activités d’installation d’équipements thermiques, de climatisation, de menuiserie métallique et serrurerie ont souffert et enregistrent une augmentation de 55 % et 33 %. Les travaux publics et la promotion immobilière sont aussi touchés (+12 % et +21 %). Dans l’ensemble, le commerce se porte bien (-22,3 %) si on omet les boucheries (+10 %) et les petites quincailleries (+36 %). L’industrie agroalimentaire fait état d’un gros recul de défaillances d’entreprises (-34 %). En revanche, la manufacture (+5 %), l’imprimerie (+60 %), la fabrication de structures métalliques (+25 %) et la mécanique industrielle se fragilisent. « Fort recul » pour les services aux entreprises avec 21,8 % de défaillances en moins. Les activités de nettoyage de bâtiments (+21 %), de services informatiques et édition de logiciels (+5,5 %), de programmation informatique (+29 %) et de conseil en systèmes et logiciels informatiques (+48 %) ont plus de difficultés. Il en va de même pour les transports routiers de fret interurbain (+39 %) ou de proximité (+35 %). Seul secteur globalement épargné selon le rapport d’Altares : la restauration qui enregistre la plus forte baisse de défaillances avec 41,1 %.

« Le dernier trimestre 2021 sera déterminant pour de nombreuses entreprises. Elles devront se donner les moyens d’embrasser la croissance 2022 pour honorer les engagements d’emprunt et rappels de cotisations », prévient Thierry Millon. Avec cette nouvelle année, les aides de l’État en rapport avec la crise sanitaire devraient prendre fin et lancer le début des remboursements des prêts garantis par l’État (PGE), contractés durant la crise sanitaire. « Le printemps 2022 s’annonce donc extrêmement tendu pour les entreprises qui ne seraient pas en mesure d’honorer les premières échéances », alerte le directeur des études d’Altares.

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