Zoom sur le troisième volet du sixième rapport du Giec

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Nous avons encore trois ans pour inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre.

Peut-être n’avez-vous pas eu écho du troisième volet du sixième rapport du Giec – groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat – en raison notamment de la concentration des médias sur l’élection présidentielle à venir et la guerre en Ukraine. Mais l’un n’empêche pas l’autre. Au contraire, les nouvelles conclusions du Giec pourraient alimenter un débat sur l’écologie quelques jours avant le premier tour. Hélas, que nenni ! Le rapport, un de plus, inquiète. Les experts préconisent sept mesures pour inverser la tendance.

2 800 pages pour limiter le réchauffement climatique. 2 800 pages pour que la planète puisse rester « vivable ». Lundi 4 avril, les experts du Giec ont publié un énième rapport, tout aussi accablant que les précédents. Le secrétaire général des Nations unies António Guterres alerte sur la possibilité d’une « extinction d’un million d’espèces » et la multiplication de « canicules sans précédent, tempêtes terrifiantes, pénuries d’eau généralisées ». Mais, au-delà du constat, le Giec propose des solutions. Et définit des « options viables et financièrement saines dans chaque secteur susceptibles de maintenir en vie la possibilité de limiter le réchauffement à 1,5°C », soit l’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris.

Les bons et mauvais points

Parmi les cancres du climat, le transport. Les émissions liées au transport ont progressé en moyenne de 2 % par an entre 2010 et 2019. En raison notamment d’une « forte demande pour voyager, de véhicules plus lourds, de faibles efficiences, et d’un développement organisé autour de la voiture ». Le peu d’ambition politique pour le bâtiment inquiète aussi les experts du Giec.

Cependant, la croissance des émissions ralentit. Ces émissions de CO2 ont même baissé en 2020, d’environ 5,8 % sur un an, selon les estimations. Crise covid et son lot de restrictions sanitaires comme les confinements – et donc ralentissement de l’économie – y sont pour beaucoup. Un bon point, mais encore insuffisant, estime le Giec. Car avec le recul de la pandémie, les émissions rebondissent, déjà ! Mais les solutions existent : « Dans de nombreuses situations, le photovoltaïque et l’éolien terrestre sont désormais compétitifs par rapport aux énergies fossiles », précise le rapport. Pour rappel, et pour confirmer l’Accord de Paris, toute l’électricité devra provenir de technologies bas carbone d’ici à 2050. Problème, aujourd’hui, le photovoltaïque et l’éolien représentent moins de 10 % du marché.

Bref, le Giec ne fait pas dans la dentelle : l’humanité a trois ans pour parvenir à inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2025. Sinon, ce sera trop tard.

Les sept constats/préconisations du Giec :

  • Les émissions de GES (gaz à effet de serre) doivent atteindre leur pic en 2025.
  • Les engagements actuels ne permettront pas de contenir le réchauffement à 1,5 degré.
    Il faut :
  • Réduire d’au moins 60 % charbon, gaz et pétrole d’ici à 2050.
  • Atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 avec les énergies renouvelables.
  • Plus de sobriété (mobilités douces, télétravail, isolation des bâtiments) pour réduire de 70 % les émissions.
  • Réduire les émissions de méthane de moitié.
  • Capter le CO2
Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise...). Friand de football et politiquement égaré.

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