David Layani dans les locaux de Onepoint, à Nantes

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Le président-fondateur de Onepoint, David Layani, a fait une offre d’achat pour Evidian, une des branches les plus performantes du groupe Atos, leader international de la transformation numérique.

Onepoint a fêté ses 20 ans en début d’année. À l’époque, quand il fonde son entreprise, David Layani a 22 ans. Incarnation de ce que l’on définit comme « autodidacte », le jeune entrepreneur quitte le lycée à 16 ans pour entrer dans diverses entreprises. Dont le fabricant de processeurs EMC. Puis, David Layani a un pressenti : aucune entreprise n’échappera à la transformation numérique. Onepoint naissait.

David contre Goliath ? David Layani contre (bientôt avec ?) Atos. Onepoint n’en n’est pas à son coup d’essai en termes d’acquisitions. Voilà de longues années que l’entreprise fondée en 2002 enchaîne les opérations de croissance externe, citons-en une seule : Timwi consulting, cabinet de conseil en architecture. On rappelle l’objectif de Onepoint, accompagner ses clients de bout en bout dans leur transition numérique, de la stratégie à l’exécution technologique. Mais depuis quelques semaines, David Layani et sa bande espèrent concrétiser un énième coup d’éclat dont l’ampleur n’a rien avoir avec les précédents : racheter une branche du groupe Atos, Evidian.

4,2 milliards d’euros sur la table

Evidian, ce n’est pas moins de 59 000 personnes employées sur le globe et 5 milliards d’euros de recettes annuelles. En face Onepoint collabore avec 3 000 personnes au sein d’une dizaine de sites dans le monde. En 2021, l’entreprise de David Layani réalise 400 millions d’euros de chiffre d’affaires. Au global, Atos, avec 11 milliards d’euros de CA reste 30 fois plus gros que son assaillant. Et pourtant… c’est bien Onepoint qui envisage de racheter une branche d’Atos. Le monde à l’envers, non ? « La vie m’a appris à me lever tous les matins comme si tout pouvait changer demain », nous confiait déjà David Layani en début d’année.

Décomplexé, audacieux, l’entrepreneur invétéré propose 4,2 milliards d’euros pour racheter Evidian. Le conseil d’administration d’Atos a rapidement repoussé l’offre. Mais David Layani n’abdique pas : « Je crois au lendemain, je crois qu’il est possible de discuter d’un projet qui dépasse ma propre personne », explique-t-il début octobre dans l’émission Good Morning Business. L’offre est toujours sur la table.

Pourquoi racheter une branche du groupe Atos ?

« C’est une occasion unique de bâtir un grand champion français du numérique et de la transformation […] Il en va aussi d’un enjeu de souveraineté parce qu’Atos traite d’activités particulièrement sensibles, notamment dans le militaire, le nucléaire, l’énergie, bref c’est un fleuron dans notre industrie de la tech », renchérit David Layani sur Good Morning Business.

Le fondateur de Onepoint a cette image d’être proche de ses collaborateurs. À Onepoint 20 % des salariés sont actionnaires de l’entreprise dont le patron possède encore 80 % des parts. Sur le management aussi, Layani a sa façon de faire. Et applique sur le terrain sa lecture du professeur de management Issac Getz – alors Onepoint ne possède que trois niveaux de hiérarchie, un fonctionnement plus horizontal. Ce qui pourrait plaire aux salariés du groupe Atos : « Nous savons que certains salariés d’Atos attendent davantage de liberté, davantage de formations et davantage d’accès au capital », défend David Layani dans Les Échos. Un pari fou, encore un.

Journaliste-Chef de service rédactionnel. Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise...). Friand de football et politiquement égaré.

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