Carrefour affiche ses ambitions numériques face à Amazon

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Pour rivaliser avec le mastodonte américain, le groupe français annonce un plan stratégique pour faire du numérique le moteur de sa croissance.

L’un des leaders mondiaux de la grande distribution lance les grandes manœuvres. L’objectif : devenir un des grands cadors du commerce en ligne. Et faire du secteur numérique sa locomotive de croissance. Le défi s’annonce pour le moins complexe, face à la domination d’Amazon et Walmart notamment. Pour passer de la parole aux actes, Carrefour va investir trois milliards d’euros d’ici à 2026.

Cinq ans après son arrivée à la tête de Carrefour, Alexandre Bompard passe à l’offensive et l’assure : son groupe a les moyens de concurrencer Walmart et Amazon dans un futur proche. Le grand dirigeant l’a annoncé dans un entretien accordé au journal Les Échos : Carrefour va « dépenser 3 milliards d’euros d’ici à 2026 ». Pour ne surtout pas répéter l’erreur commise il y a quelques années, lorsque Carrefour avait loupé le coche du drive sur lequel le groupe n’avait pas misé.

Avec cet investissement massif, Bompard espère générer 600 millions d’euros de résultat opérationnel supplémentaires (sur plus de 2,1 milliards d’euros l’an passé). Et ce grâce à l’accélération des activités numérisées de Carrefour. « Le digital peut devenir le trait d’union de nos activités », affirme le PDG dans son entretien aux Échos. Grâce à des investissements sur la livraison à domicile dont le groupe français est déjà l’un des leaders européens, Carrefour espère « conquérir 5 millions de clients supplémentaires d’ici à 2026 ».

La monétisation de la data, la grande accélération
Parmi les grands leviers de croissance prévus par le plan, l’exploitation du retail media tient bonne place. Et pour cause, il s’agit d’un segment du marché publicitaire – si stratégique pour tous les grands groupes – qui consiste ni plus ni moins à monétiser la connaissance de clients de ses sites marchands. Via, entre autres, la vente d’espaces publicitaires ciblés à des annonceurs. Pour accompagner le développement de ce segment, Carrefour a lancé sa plate-forme de bases de données Carrefour Links en juin, et rassemblé tous ses sites sous la bannière Carrefour.fr. Le groupe semble désormais se donner les moyens de ses ambitions en termes de data. Il revendique un data lake de 8 milliards de données propriétaires de par le monde. Une force de frappe qui devrait permettre au distributeur de s’imposer sur le marché européen du retail media, dont l’apport au plan de croissance est prévu à hauteur de 200 millions d’euros de résultat opérationnel.

Uber, partenaire particulier
L’ambition est majuscule : multiplier par plus de trois le volume d’affaires du numérique pour l’établir à dix milliards d’euros. Il s’agit pour le groupe de continuer de développer massivement l’e-commerce et de rattraper le retard accumulé sur la concurrence dans le drive. Pour se démarquer, Carrefour va notamment miser sur la livraison express ou le « quick commerce » qui propose notamment des livraisons de courses en moins de 10 minutes. Dans le même ordre d’idée, le groupe entretient depuis le début de la crise un partenariat avec Uber pour faire livrer des courses en trente minutes. « En douze mois, nous avons déjà généré avec Uber un chiffre d’affaires additionnel de 100 millions d’euros, ce qui prouve le potentiel de notre partenariat », s’est notamment félicité Alexandre Bompard. Le principal défi sera de convertir un tiers des 80 millions de clients de Carrefour à une consommation omnicanale. Un cap indispensable pour atteindre l’objectif annoncé de 10 milliards d’euros pour le volume d’affaires de l’e-commerce, qui restera encore largement minoritaire à l’échelle du chiffre d’affaires global du groupe (78 milliards d’euros en 2020).

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