Bruno Le Maire envisage un « avion moins émetteur de CO2 » à horizon 2035.

L’avion n’est pas mort. Il doit simplement changer ses plans de vol. Cette semaine, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, a annoncé mettre sur la table 15 milliards d’euros dans le cadre d’un plan de sauvetage du secteur aéronautique. Parmi les mesures avancées, quelque 1,5 milliard d’euros serviront à la recherche et la mise au point d’un avion vert à horizon 2035. Pari ambitieux mais nécessaire.

Voyager en avion n’a plus la cote. L’avion est devenu le bouc émissaire du théorème de l’empreinte écologique. Flygskam, c’est l’expression répandue par les Suédois.es pour désigner la honte de prendre l’avion. Une manière aussi de pointer du doigt celles et ceux qui enchaînent les rendez-vous professionnels aux quatre coins du monde (ou tout au moins dans l’ancien monde d’avant C-19. Alors, l’avion*, cet engin dont le principe de vol à deux ailes et plus lourd que l’air aurait été expérimenté le premier par Clément Ader, ingénieur français, à la fin du XIXe siècle, a-t-il encore de longues heures devant lui ?

Le gouvernement a enfin mesuré l’ampleur du défi, à l’instar de Bruno Le Maire, prêt à se lancer dans ce qui serait pour le secteur aéronautique une profonde rupture. En tête, faire des prochaines générations d’avions commerciaux, d’hélicoptères, et avions d’affaires les pionnières de nouveaux modes de propulsion économes de CO2 comme les moteurs à hydrogène. Une avancée majeure pour Élizabeth Borne, ministre de la Transition écologique : « C’est une accélération de dix ans par rapport aux objectifs initiaux de la filière. Elle nous permettra de fixer les nouveaux standards mondiaux de l’avion bas carbone. »

Les consciences évoluent, les lignes bougent et la nécessité d’accompagner l’aéronautique dans une perspective de transition écologique semble faire de moins en moins débat. Un avis partagé par Carole Delga, présidente de la région Occitanie qui avait précisé lors d’un entretien au Figaro le besoin de produire des « avions moins consommateurs d’énergie, moins émetteurs de CO2, car le transport aérien représente aujourd’hui 2 % des émissions mondiales ». La transition demeure lancée.

Lufthansa conclut un partenariat avec Synhelion
Une étape a été franchie par le groupe Lufthansa, compagnie aérienne allemande, qui s’est rapprochée de Synhelion, développeur suisse de carburants solaires. Un projet d’envergure puisque l’entreprise helvétique entend produire un carburant qui émettra 50 % de moins de CO2 d’ici à 2022 et envisage de commercialiser un carburant 100 % renouvelable à horizon 2030.

Voler sans CO2 n’a jamais été aussi proche du réel. Pour Carole Delga, l’avion parviendra à se transformer et « continuera à être ce trait d’union entre les peuples et les continents, symbole de la découverte d’autres horizons et, surtout, d’autres cultures », avait confié l’ancienne députée de la huitième circonscription de Haute-Garonne. Dommage tout de même d’avoir attendu la crise covid-19 pour penser – sérieusement – la transition écologique du secteur aéronautique. GW

* C’est le même Ader qui a conçu le sigle-mot d’avion, appareil volant à l’imitation de l’oiseau naturel. On le sait peu.

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