Les déchets du corps humain, des vertus insoupçonnées

Les innovations foisonnent de par le monde pour transformer les excréments humains, notamment dans les régions les plus défavorisées, en ressources. 2,8 milliards de personnes, soit 38% de la population mondiale, n’ont pas accès à des égouts et déposent leurs déchets dans des cuves ou des fosses. Les bienfaits du recyclage des matières fécales, en termes de salubrité publique mais aussi de ressources financières, seraient multiples. La revue scientifique Nature raconte comment, en Afrique, les déchets en question deviennent matière première. Certaines entreprises, comme Pivot au Rwanda, en tirent des engrais ou du carburant. Les boues séchées peuvent servir de matériaux de construction, ajoutées à du ciment ou transformées en briques. Les selles peuvent encore servir de base pour produire des composants chimiques ou des bioplastiques, des huiles industrielles ou même de la nourriture pour animaux, énumère Nature. Nommée Yarrowia lipolytica, une levure s’est révélée capable de se régaler d’urine et de gaz carbonique. Un détail non négligeable pour ceux qui veulent tout recycler, mais aussi ceux qui lorgnent du côté des étoiles. Car par cette action elle synthétise des omégas 3, ou encore toutes sortes de matières plastiques, ce qui signifie compléments alimentaires et outils divers et variés. Mark Blenner, de l’université Clemson en Caroline du Sud, veut faire embarquer pour Mars cette levure, qui pourra du coup recycler l’urine et le CO2 des astronautes en nourriture et instruments. Autre grand domaine d’application insoupçonné : la création d’énergie. On pourrait produire assez d’électricité pour plus de 138 millions de ménages si tous les excréments humains étaient convertis en biogaz, d’après un rapport de 2015 de l’université des Nations unies d’Hamilton au Canada, quand les boues qui resteraient pourraient être séchées et utilisées comme une alternative au charbon pour 130000 personnes supplémentaires. Recharger son mobile avec de l’urine a aussi été rendu possible par Dr Ioannis Ieropoulos et son équipe de la West of England University, qui est parvenue à produire suffisamment d’électricité à partir de ce déchet ultime pour envoyer des SMS, surfer sur Internet et passer un bref coup de fil. A l’avenir les chercheurs britanniques espèrent développer cette technologie des piles à combustible microbiennes pour pouvoir charger complètement un téléphone portable à partir de la dégradation des déchets organiques…

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