Chronocam : l’entreprise qui tape dans l’oeil

14 millions d’euros ! La start-up Chronocam a vraiment tapé dans l’œil d’Intel Capital, avec son capteur neuromorphique qui imite les récepteurs de la rétine humaine. Il consomme moins d’énergie et de bande passante que les capteurs d’images courants. Créé en 2014, cette jeune pousse parisienne de la capture d’image aura vite attiré l’attention de grands comptes jouant des coudes pour participer à la dernière levée de fonds : Intel Capital, mais aussi iBionext, 360 Capital Partners, l’Alliance Renault-Nissan, Bosch Venture Capital et CEA Investissement. Malgré sa jeunesse, Chronocam a des années de R&D à faire valoir. La société est en réalité un spin off de l’Institut de la vision, un laboratoire affilié à l’université Pierre-et-Marie-Curie (Paris-VI). La rétine artificielle en silicium, a fait l’objet d’une première exploitation avec Pixium Vision, créée en 2011 et introduite en Bourse en 2014, qui ambitionne de redonner la vision à des personnes atteintes d’une dégénérescence de la rétine. « Les applications sont multiples », explique Luca Verre, le PDG de Chronocam, qui sait que son système est plus efficace que les capteurs d’images courants utilisés dans les smartphones ou caméras numériques, dans la mesure où il n’enregistre pas une séquence de photographies pour une vidéo : ici chaque pixel de l’image réagit indépendamment et ne génère de nouvelles informations que si sa valeur propre est modifiée. Le capteur n’enregistre donc que ce qui bouge et évite de créer des données redondantes inutiles. Moins de données, plus d’informations recueillies, pas de focalisation à faire sur des zones sombres ou claires, une faible latence et une gestion des scènes contrastées en font le candidat idéal pour la navigation autonome des voitures, des drones ou des robots. De 20 collaborateurs, la jeune pousse prévoit de passer à 50 d’ici à fin 2017, avec l’ouverture d’une entité dans la Silicon Valley.

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