Le Brexit en 3 questions

Quels sont l’impact et les conséquences concrètes du Brexit sur l’économie française ?

Selon les sources d’analyse il ressort que le coût annuel pour la France du Brexit tel qu’il se dessine serait compris entre 3 et 4 milliards d’euros par an. La France est quand même le 3e partenaire européen de la Grande-Bretagne après l’Allemagne et les Pays Bas. Le secteur le plus touché sera l’agroalimentaire, avec près d’un milliard annuel, vins et spiritueux, produits laitiers et céréales. Tout ça en grande partie à cause des systèmes de taxe qui seront mis en place et vont pénaliser l’export de nos produits. Autre phénomène majeur et insuffisamment évoqué : les Anglais sont les premiers touristes en France. 12 millions annuels. Que va-t-il se passer s’il est dorénavant nécessaire d’obtenir un visa pour venir en France ? Si la livre est dévaluée, le niveau de vie des Anglais sera abaissé et le coût d’un voyage en France se montrera moins attractif. Nous allons avoir une population anglaise qui va explorer d’autres pays, notamment ceux qui offrent des coûts de la vie locale plus attractifs : Espagne, Grèce, pays de l’Est, Portugal. Et pour ceux qui ont préservé leurs moyens, s’il leur faut prendre un visa pour aller en Europe, autant clairement explorer d’autres continents, par exemple l’Asie et les états-Unis.

Est-ce plutôt un risque ou une opportunité pour les entreprises françaises qui exportent en GB ?

Si on se fixe sur le type de production qui est le cœur de nos exportations vers le Royaume-Uni, c’est aujourd’hui clairement un risque. Pourquoi ? Nous sommes principalement sur des produits agroalimentaires ou des biens de milieu de gamme. Nous ne vendons pas par exemple au Royaume-Uni des biens à très forte valeur ajoutée comme pourraient le faire les Allemands, par exemple avec l’automobile. Donc, si on cumule les taxes douanières directes qui vont s’ajouter, ainsi que les taxes qui frappent les produits non conformes aux normes locales, car la norme CE ne sera plus reconnue au Royaume-Uni, et enfin si on rajoute la valeur d’une livre sterling en baisse, on va avoir des prix qui vont fortement augmenter. Sur des produits à forte valeur ajoutée, ça ne changera rien. Sur de la moyenne gamme ou bien des produits de consommation courante, ce sera rédhibitoire.

Quid des entreprises françaises implantées en Grande-Bretagne ?

Les seules sociétés françaises qui ont une carte à jouer sont celles implantées directement sur le sol britannique avec des unités de production locale. Il y en a environ 3 000. Elles vont pouvoir s’affranchir des nouvelles taxes si elles s’approvisionnent avec des matières premières ou des fournitures locales. Le Royaume-Uni n’était économiquement plus une île depuis son entrée dans la CEE en mars 1973. Report ou pas, tout est en œuvre pour que le Royaume-Uni soit pleinement sur une île « économique » d’ici à quelques mois.
Il faudra certainement une dizaine d’années pour retrouver un équilibre et une dynamique commerciale positive.

Paroles de Jean-François Faure,
Président d’AuCoffre.com et VeraCash

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