Égalité : des quotas pour féminiser les directions des grandes entreprises !

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Objectif : 30 % de femmes au sein des comités de direction d’ici à 2027.

Un pas de plus vers l’égalité femmes-hommes en entreprise ? Mardi 11 et mercredi 12 mai, l’Assemblée nationale examine une proposition de loi qui vise à donner un nouveau coup de pouce à la parité dans les entreprises. Laquelle a souffert de la crise sanitaire : avec un creusement des inégalités entre femmes et hommes ! Alors, dix ans après la loi Copé-Zimmermann, la France compte faire plus de place aux femmes au sein des directions des grandes entreprises. Explications.

C’était en 2011. Depuis, la loi Copé-Zimmermann a sans aucun doute porté ses fruits. Ainsi, entre 2009 et 2019, la part des femmes dans les conseils d’administration des entreprises françaises passe de 10 à 44 %. Sur un échantillon qui reprend toutes les sociétés du SBF120. Pour rappel, la loi défendait un taux minimal de 40 %. Bon point pour réduire les inégalités entre les sexes, puisque les femmes se heurtent le plus souvent à un plafond de verre qui les empêche parfois de gravir les échelons. D’autant plus délicat qu’elles se retrouvent le plus souvent confrontées au dilemme : carrière ou famille ? L’Insee rappelait fin 2019 l’influence négative de l’arrivée d’un enfant sur les trajectoires des carrières féminines.

40 % de femmes dans les instances dirigeantes d’ici à 2030 ?
Aller au-delà des conseils d’administration. Jusqu’à la sphère des cadres dirigeant·es des grandes entreprises. La proposition de loi examinée à l’Assemblée nationale prévoit un objectif de 30 % de femmes parmi les cadres dirigeant·es et les cadres membres des instances dirigeantes d’ici à 2027. Seules les entreprises de plus de 1 000 salarié·es seraient soumises à cette mesure. Mieux encore, porté par la députée Marie-Pierre Rixain, le texte vise 40 % de femmes au plus haut pouvoir des entreprises d’ici à 2030.

Encore aujourd’hui, les comités de direction restent largement l’apanage des hommes, puisque les femmes ne représentent que 22 % de leurs effectifs au sein du SBF 120. C’est toutefois mieux qu’en 2009 (7 %). L’heureuse élue qui s’affiche comme la seule femme à diriger une entreprise du CAC 40 : Catherine MacGregor ! La patronne d’Engie. À l’échelle du SBF120, en termes de présence féminine dans les comités exécutifs, la France se hisse derrière les pays nordiques. Dans le dos du Royaume-Uni aussi. En revanche, et il faut le rappeler, la loi Copé-Zimmermann a permis à la France d’atteindre la première marche du podium sur la féminisation des conseils d’administration des grandes entreprises.

Quelques réticences
La proposition de loi a déjà reçu l’approbation de la commission des Affaires sociales du 5 mai. A priori, le texte ne devrait pas poser de souci dans l’hémicycle. D’abord parce que l’accélération de l’égalité économique et professionnelle était une promesse du quinquennat d’Emmanuel Macron. Et puis, lors de la commission des Affaires sociales, les Républicains ont aussi fait savoir leur attachement à la parité.

De leur côté, les organisations patronales grincent des dents. Patrick Bertrand par exemple, président du comité gouvernance des entreprises du Medef, défend le fond mais pas la forme. Soit la manière de parvenir à la parité. Les sanctions aussi seraient trop élevées car la crainte de la réputation se montre déjà très efficace. La proposition de loi parle d’une amende – pour les entreprises hors la loi – à hauteur de 1 % de la masse salariale. Bref, un texte de bon augure avant le Forum Génération Égalité – un rassemblement mondial pour l’égalité entre les sexes – qui se tiendra notamment à Paris au début de l’été.

GW

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